Le système de surveillance en Chine, un atout pour contenir l’épidémie

Mais alors que la situation s’aggravait au niveau mondial, le gouvernement chinois avait entrepris la conception d’un système pour endiguer la propagation de la maladie. Comme expliqué plus tôt, la Chine excelle lorsqu’il s’agit de lancer des ordres du haut de la hiérarchie politique vers le bas. Au sein du Parti communiste chinois (PCC), Xi Jinping a établi une vaste politique contre le nouveau coronavirus et a ensuite formé une équipe de travail dirigée par le Premier ministre Li Keqiang. Les membres de l’équipe ont été envoyés dans toutes les provinces de Chine, mettant en place un mécanisme de surveillance des provinces par le gouvernement central.

Ces mesures ont permis à la Chine d’agir avec efficacité pour ralentir très vite la diffusion du virus. Il faut également souligner le fait que le système de surveillance en masse du pays a grandement contribué à améliorer la situation. La Chine utilise un système de reconnaissance faciale qui permet de pour savoir qui fait quoi, où et quand. Il est donc très facile de savoir si une personne ne se plie pas aux directives du gouvernement central. Ce système peut également déterminer si quelqu’un a été en contact d’une personne infectée, permettant de recréer facilement l’itinéraire de transmission du virus. Ce qui est ironique, c’est que le système de surveillance de masse, souvent décrié, a joué un rôle important dans la gestion de cette crise.

Ralentir la diffusion du coronavirus est une question de vie ou de mort ; c’est pourquoi les citoyens chinois coopèrent avec les autorités. La décision du PCC de confiner non seulement la ville de Wuhan et ses 11 millions d’habitants, mais aussi les 60 millions de personnes vivant dans la province du Hubei, n’aurait pas été possible sans la coopération des citoyens.

L’efficacité du voisin taïwanais face à l’épidémie

Le PCC a présenté ses excuses au peuple chinois pour ne pas avoir pris les mesures nécessaires au stade initial de l’épidémie. Peut-être que la Chine devrait se tourner vers Taïwan pour tirer des leçons en matière de prévention car c’est un pays qui a réussi à répondre efficacement à la situation dès les premiers signes. Cette réactivité est à attribuer au vice-président de Taïwan, Chen Chien-jen, un spécialiste de la santé publique et en particulier de l’épidémiologie. Il a notamment occupé le poste de ministre de la Santé lors de l’épidémie du SRAS.

Le pays avait fait face à une flambée des cas de contamination au SRAS dans les milieux hospitaliers, causant au total plus de 70 décès. Cette expérience douloureuse a incité le pays à revoir en profondeur sa législation sur les mesures de prévention contre les maladies infectieuses. Dans le cas du nouveau coronavirus, Taïwan a établi des restrictions d’entrée des citoyens chinois sur son territoire dès la fin janvier et a totalement interdit leur entrée au début du mois de février. Ces décisions prises très tôt par les autorités taïwanaises ont été largement saluées à travers le monde.

(Interview effectuée par le journaliste Saitô Katsuhisa, de Nippon.com, le 12 mars 2020. Photo de titre : le président chinois Xi Jinping visitant un hôpital de Wuhan dans la province de Hubei, épicentre du nouveau coronavirus, le 10 mars 2020. Photo : Xinhua/Aflo)