L’aide humanitaire post coronavirus
Kurumiya décrit les défis auxquels seront conduits les organismes internationaux d’aide humanitaire dans le sillage de la crise du coronavirus, tout en soulignant qu’il ne s’agit que de son avis personnel.
« Médecins Sans Frontières a été créé en France et gère cinq centres d’opérations, tous situés en Europe, d’où sont menés l’ensemble des projets. En raison de la pandémie en Europe, nous avons connu une situation où le système de gestion des expéditions de matériels et d’envois de personnels s’est trouvé lourdement entravé. Je pense qu’il est nécessaire de réfléchir à une façon de gérer les opérations de façon décentralisée, plus étroitement liée avec les régions locales.
Tout en assurant ses fonctions hospitalières, le Dr Kurumiya communique quotidiennement par internet avec les membres de MSF à l'étranger ou les autorités sanitaires de la lutte contre le coronavirus. Il espère bien entendu pouvoir retrouver ses activités de président de MSF dès que la situation le permettra.
« J’ai l’impression que de nombreuses personnes croient qu’il s’agit d'événements lointains et ne se sentent pas concernés. Le fait que très peu d’informations soient diffusées sur ces régions dans les médias japonais joue également dans ce sens, je voudrais mettre plus d’effort sur la communication. Depuis l’année dernière, nous avons créé à titre d’essai la “Caravane scolaire” qui s’adresse aux grandes classes du primaire. Il s’agit de faire réfléchir sur divers scénarios d’urgence : Si telle situation apparaît, que ferions-nous ? Une sorte de pseudo-expérience, en quelque sorte. Je voudrais être plus actif auprès de la jeune génération pour qu’ils se familiarisent avec l’aide humanitaire. »
(Interview et texte de Itakura Kimie, de Nippon.com. Photo de titre : aux États-Unis, une aide d’urgence est apportée aux communautés comptant de nombreuses personnes pauvres ou sans abri. Des téléphones portables sont également distribués gratuitement quand de ce moyen de contact dépend la délivrance de services médicaux d’urgence. Sur la photo, du personnel de MSF inspecte 1 000 téléphones portables avant distribution. ©Michelle Mays / MSF)

