Son objectif : communiquer le courage de faire un premier pas vers son rêve

« Au Japon, aujourd'hui, 100 yens suffisent pour s'acheter une boulette de riz dans une supérette japonaise, et très peu de gens sont menacés par la faim. Mais au Népal et dans d'autres pays où je suis allé, la situation est loin d'être aussi favorable, et l'abondance n'est pas la règle comme ici. Il ne faut pas, à mon avis, se laisser aller à penser que tout est gagné. Je ne dis pas non plus que cette abondance est mauvaise. Mais parce qu'ils ont peur de la perdre, les jeunes Japonais d'aujourd'hui recherchent la sécurité plus que tout. Ils feraient mieux de considérer cette abondance comme une chance, et d'avoir plus de rêves, de relever plus de défis. » déclare-t-il avec son habituelle expression douce, mais d'un ton enflammé.

« Avec l'alpinisme, mon but est de faire partager mon aventure grâce aux vidéos et à la retransmission sur Internet. Je grimpe avec ceux qui me soutiennent. Eux, ils gravissent des montagnes dans leur quotidien urbain, et parfois ils hésitent. J'espère qu'en me voyant sur l'Everest, ils trouveront le courage de faire le premier pas vers les rêves qui les tiennent vraiment à cœur. »

Kuriki fait circuler sur USTREAM, Twitter, et Facebook les images en direct de son ascension, et il met aussi en ligne des vidéos sur YouTube. Comme il grimpe en solitaire, il apparaît souvent sur les images qu'il transmet et qui ont un réalisme différent de ce que l'on peut voir dans des documentaires aboutis. Elles ne sont pas regardées seulement au Japon, mais aussi dans le reste du monde.

« La première ascension que j'ai retransmise sur Internet était celle du Cho Oyu, en 2007. Il s'agissait d'un projet de Nippon TV 2, un site de diffusion, dont le titre était "Niito no arupinisto, hajimete no Himalaya" (Un alpiniste NEET [Not in Employment or Educational Training] fait ses débuts sur l'Himalaya), explique Kuriki en riant. Pendant que je grimpais, j'ai reçu de nombreux messages de Japonais qui appartenaient à ce groupe de jeunes qui n'ont ni travail et ne suivent aucune formation professionnelle, ainsi que de jeunes hikikomori (jeunes Japonais qui vivent cloîtrés chez eux, car ils sont incapables de faire face à la société). Ils étaient souvent négatifs, on me disait que je n'y arriverais pas, et que je ferais mieux de crever ! Mais les mails qu'ils m'ont envoyés une fois que j'avais atteint le sommet avaient une toute autre teneur, ils me remerciaient. Avant cette ascension, je grimpais seul, mais de l'avoir fait cette fois-là en touchant ceux qui me suivaient m'a procuré une joie bien plus intense. Depuis, l'idée de partager l'aventure est devenu mon thème. »