Les cours d’anglais et de cuisine : deux activités pour un même objectif

——Vous avez quitté Dentsû en 2007, à l’âge de 42 ans. Mais à ce moment-là, vous avez orienté votre carrière vers autre chose que la cuisine...

Y.R.  Effectivement. Entretemps, j’avais eu deux filles. Je souhaitais que pour elles, apprendre soit quelque chose d’agréable, et c’est ainsi que j’ai eu l’idée de créer une entreprise spécialisée dans la formation en ligne.

J’ai donc pris ma démission et j’ai utilisé mon indemnité de départ et mes économies pour créer ma propre entreprise. Et j’ai mis petit à petit du contenu en ligne sur mon site.

Les années ont passé sans que rien ne marche vraiment. Et puis en 2017, le nombre des utilisateurs inscrits s’est brusquement envolé parce que « Karaoke English », mon cours en ligne, a remporté un des Japan e-Learning Awards (prix pour la formation en ligne au Japon). Il a donc fallu que j’attende dix ans pour sentir que mes efforts avaient véritablement porté leurs fruits.

—— Oui mais pendant ces dix années, vous avez été aussi très active en tant qu’« experte culinaire » (voir notre article Les femmes japonaises et la cuisine). Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire un livre de cuisine ?

Y.R. Quand je suis rentrée au Japon après mon séjour d’études en Californie, j’ai continué à cuisiner. Et pendant que je travaillais chez Dentsu, mes amis et mes collègues m’ont demandé des recettes que je leur envoyais par e-mail. Ils les ont à leur tour transmises à leurs proches qui se sont empressés de faire la même chose. Tant et si bien qu’un beau jour, j’ai fini par recevoir des messages de remerciement de personnes que je ne connaissais pas. J’ai eu aussi droit à de nombreux conseils sur l’assaisonnement des plats et j’ai modifié mes recettes en conséquence. C’est ce qui fait que ma cuisine est équilibrée et adaptée à la plupart des goûts.

Un jour quelqu’un m’a proposé de publier mes recettes sous la forme d’un livre. Le premier était à peine paru qu’on m’a demandé d’en faire un second. Et ainsi de suite. Mine de rien, j’ai écrit près de cinquante livres de cuisine en l’espace de vingt ans.

Yukimasa Rika a publié plus de cinquante livres de cuisine en japonais très populaires auprès des femmes, dont Reshipi no iranai washoku no hon (Le livre de cuisine japonaise sans recettes) que l’on voit ci-dessus. Aucun d’eux n’a encore été traduit en anglais ou en français.

——Est-ce qu’il y a un lien entre votre cuisine et l’apprentissage de l’anglais ?

Y.R.  En réalité, j’aimerais faire découvrir le plaisir que ces deux activités procurent. L’anglais est une langue parlée dans le monde entier et de ce fait, il donne à ceux qui le maîtrisent l’occasion de rencontrer toutes sortes de gens. Il en va de même pour la cuisine. Elle permet à ceux qui la pratiquent de vivre des moments précieux avec des personnes très différentes. Et qui plus est, tout le monde peut s’y adonner. Voilà le message que j’essaie de faire passer.