La question de la cyber-sécurité a fait changer la position américaine

Avec l’avènement au pouvoir de Xi Jinping, le G2, c’est-à-dire une vision par laquelle le monde est partagé en deux zones d’influence, celle des États-Unis et celle de la Chine, a gagné du terrain. Considérer que cela est dû au fait que la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale en dépassant le Japon en termes de PIB en 2011 serait pourtant simpliste.

Lorsque l’administration américaine envisage l’avenir des relations sino-américaines, elle soulève deux questions dans une perspective essentiellement militaire. La première est la cyber-sécurité. Selon une étude de 2013 de la société Mandiant sur ce sujet, les hackers de l’APL ont non seulement dérobé les plans du bombardier américain Stealth, mais aussi les données relatives aux processus de décision des entreprises privées. On peut naturellement estimer que si l’APL a transmis des documents économiques de la plus haute importance aux entreprises chinoises, c’est parce qu’elle a ensuite bénéficié de leur soutien financier.

Cette question a eu un impact déterminant sur la manière dont les États-Unis voient la Chine. Les milieux économiques sont naturellement d’avis que l’on ne peut ignorer le marché chinois, mais de plus en plus de gens ont commencé à remettre en question l’idée qu’il fallait céder à un partenaire au pouvoir d’achat certes considérable mais qui se révèle incapable de respecter des règles économiques importantes. Cela a créé des doutes essentiels sur la nature de la Chine non seulement au sein des parties liées à la défense, mais dans tous les domaines. Ces doutes continuent à grandir aujourd’hui.

Les relations de la Chine avec ses voisins constituent le second problème. Les circonstances de la redéfinition de la zone d’identification de la défense aérienne soulèvent de nombreuses questions sur le genre d’accord qu’elle a nécessité entre le gouvernement dominé par le PCC et l’APL. Sur le plan diplomatique, la volonté de créer des relations de confiance avec les pays voisins existe-t-elle ? La décision a-t-elle été prise par le gouvernement, c’est-à-dire le PCC, ou par l’APL ? On peut affirmer qu’à ce stade, il est devenu difficile de rejeter l’idée que la relation qui existe aujourd’hui entre l’APL et le PCC est d’une toute autre nature que celle qui existait entre eux au moment de la victoire dans la guerre de résistance contre l’agression japonaise.

L’incident de Tian’anmen a radicalement transformé la nature de la société chinoise et son système de contrôle interne. Un quart de siècle plus tard, l’heure est venue pour nous de reconsidérer, la tête froide, la manière dont nous regardons la Chine.  

 

(D’après un original en japonais paru le 19 juin 2014. Photo de titre : Hu Jintao, alors président de la République populaire de Chine, au moment du lancement du porte-avion Liaoning en septembre 2012. — Photoshot/Jiji Press)