Montrer au monde un Japon reconstruit
La personne qui occupa un rôle central dans le mouvement de promotion vers l’organisation des Jeux olympiques au Japon en 1964 est Tabata Masaji. Président de la Fédération japonaise de natation, il fut un remarquable dirigeant pour l’ensemble du sport japonais. C’est ainsi que, après avoir appris que le Japon n’était pas convié aux JO de Londres, il organisa le même jour que les compétitions de natations les championnats du Japon de natation, qui virent les performances des champions Furubashi Hironoshin ou Hashizume Shirô surpasser de loin celles des champions olympiques à Londres. Incontestablement un homme d’ingéniosité, de patience et d’efforts.
Les Jeux olympiques de Tokyo accueillirent 94 pays et territoires. Du point de vue des nations occidentales à la tradition olympique fortement établie, ces Jeux japonais étaient les Jeux du bout du monde. Pour le Japon, c’était aussi l’opportunité de montrer au monde que, 19 ans après la fin de la guerre, le Japon s’était déjà reconstruit. Le défilé des délégations lors de la cérémonie d’ouverture, la parfaite tenue des compétitions, la sécurité et l’organisation impeccable du village olympique, la résonnance sociale, l’efficacité sur tous les plans, étonnèrent aussi bien les médias que les athlètes et les responsables de tous les pays.
En outre, le Japon, qui ne possédait avant les Jeux à peu près que la Tour de Tokyo et son antenne de télévision de 333 mètres pour toute infrastructure susceptible d’étonner le monde. Or, grâce à l’aide d’autres nations, le Japon réussit à coordonner l’ouverture des Jeux avec la mise en service du premier train à grande vitesse du monde, le Shinkansen, des autoroutes urbaines, la construction d’un stade olympique qui est encore aujourd’hui considéré comme une œuvre majeure de l’architecture mondiale, sans compter, la première retransmission télévisuelle des Jeux olympiques en direct par satellite de l’histoire. De ce fait, les JO de Tokyo sont devenus un momentum et projetèrent le pays dans une longue période de croissance économique rapide.
Un point non résolu des JO de 1964 : la non participation de la Chine
La question de la participation de la République de Chine (Taïwan) et de la République Populaire de Chine (Chine continentale) était devenu un problème récurrent majeur. Le problème datait des Jeux de Helsinki en 1952, lors desquels le CIO avait autorisé les deux entités politiques chinoises à participer. Taïwan avait alors boycotté les Jeux. À Tokyo, seule la délégation taiwanaise était présente, sous la dénomination de « TAIWAN – République de Chine ». La Chine continentale et le Nord-Vietnam boycottèrent le tournoi en protestation.
La situation était devenue délicate pour le CIO dès 1962 quand le président indonésien Sukarno, hôte des 4e Jeux asatiques, avait refusé d’inviter Taïwan et Israël. Il fallut la démission du président et du secrétaire général du comité d’organisation des JO de Tokyo pour sauver in extremis les Jeux de Tokyo de l’annulation. L’Indonésie envoya une délégation d’athlètes à Tokyo, mais celle-ci dut repartir face à l’interdiction du CIO de la voir participer. De la même façon, une délégation nord-coréenne arriva bien à Tokyo, incluant la coureuse de demi-fond Sin Kim-dan, que tous les spécialistes voyaient sur la première marche du podium. Elle dut repartir sans courir, ayant pu néanmoins revoir son père immigré pendant à peine 15 minutes particulièrement dramatiques.

