La création attendue d’un nouvel ordre

La manière dont de nouvelles règles seront créées dans l’espace du TPP est un autre aspect important de ce traité. La Chine qui a adopté une loi sur les eaux territoriales en tant que loi nationale essaie de l’imposer aux pays riverains de la mer de Chine orientale et de la mer de Chine méridionale, ce qui suscite l’opposition de tous ces pays. En 1997-1998, immédiatement après la crise économique de l’Asie de l’Est, l’ingérence des États-Unis a été perçue comme un risque par de nombreux pays de la région, et une organisation de coopération régionale les excluant a été conçue en vue de la création d’une future Communauté d’Asie de l’Est.

Mais les initiatives chinoises en mer de Chine orientale et méridionale ces dernières années ont fait que la Chine est apparue comme le véritable risque. C’est dans ce contexte que le Sommet des chefs d’État d’Asie de l’Est a été élargi de l’ASEAN+6 à l’ASEAN+8 en 2011, et que la création d’un nouvel ordre commercial, transparent, égalitaire et libre, entre plusieurs pays, c’est-à-dire avec une méthode ne relevant pas de l’impérialisme, a été proposée dans le cadre du « rééquilibrage » américain. L’accord de principe du TPP est à cet égard un important développement en vue de l’élaboration de règles entre plusieurs pays dans le cadre d’une coopération régionale dans la zone Asie-Pacifique.

La Chine n’est pas exclue

Il faut ajouter, pour éviter les malentendus, que cet accord n’exclut pas la Chine. Celle-ci a été un partenaire important de la coopération régionale entre la crise économique asiatique de 1997-1998 et la crise financière mondiale de 2007-2008. Si les pays de sa périphérie sont venues à la percevoir comme un risque, c’est parce qu’elle a essayé de changer par la force la situation actuelle en ce qui concerne la question des eaux territoriales en mer de Chine orientale et méridionale.

Nombreux sont les pays situés dans la périphérie de la Chine qui souhaitent bénéficier de son émergence en tant que puissance économique mondiale et de sa coopération économique. Par conséquent, la vision chinoise « One Belt, One Road » est probablement très attractive à nombre d’entre eux, particulièrement ceux qui n’ont pas avec elle de différends sur les eaux territoriales. Mais si la Chine espère attirer à elle un grand nombre des pays de sa périphérie uniquement grâce à sa coopération économique, elle se trompe.

(D’après un texte original en japonais du 1er janvier 2016. Photo de titre : la première réunion des chefs d’État membres du TPP après l’accord de principe.18 novembre 2015, à Manille, Philippines. AP/Aflo)
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(*1) ^ L'accord de partenariat transpacifique a été officiellement signé le 4 février 2016 à Auckland, en Nouvelle-Zélande.—N.D.L.R.