Même chose concernant la remise en marche des centrales nucléaires. Suite à l’accident de Fukushima, de nombreuses personnes dans tout le pays ont considéré la question comme leur problème, refusant de se dire que cela ne les regardait pas. C’est pourquoi il y a eu des voix pour réaliser une société à « zéro nucléaire ». Mais les choses ont changé depuis ces cinq dernières années. La centrale de Sendai a redémarré, Takahama a redémarré(*1), et les voix contre ne sont pas élevées bien haut. De plus en plus, c’est plutôt le discours « on se fait bien un peu de souci pour la sécurité, mais compte tenu des circonstances, la réouverture des centrales est une nécessité », qui prennent de l’ampleur. Manifestement, la communauté de cœur entre les citoyens de Fukushima et les autres se relâchera de plus en plus.
Le démantèlement de la centrale Fukushima Daiichi a été décidé. Quel peut être le rôle de Fukushima pour transmettre au monde entier l’importance des énergies renouvelables et la non-dépendance à l’énergie nucléaire ? L’année dernière, dans l’océan Pacifique au large de Fukushima, des éoliennes géantes sont apparues. Un Institut des énergies renouvelables a été inauguré à Kôriyama. Parce que Fukushima est bien placée pour connaître la gravité des accidents nucléaires, le message pour l’émergence d’une société basée sur les énergies renouvelables en direction du monde entier doit partir d’ici.
Venez à Fukushima !
« Quand je suis allé à Fukushima, j’ai été surpris de voir que les gens vivaient normalement », entend-on régulièrement dire de la part de visiteurs extérieurs à la préfecture. Un nombre important de gens de l’extérieur continuent de penser qu’à Fukushima, la plupart des habitants doivent se déplacer en portant en permanence des masques hygiéniques à cause des rayonnements, que les enfants ne jouent pas dans les jardins publics ou dans les cours des écoles. Vous devriez venir à Fukushima voir comment on vit ici. Oui, venez voir la réalité, ici !
Il faudra encore du temps avant que les rumeurs se dissipent. On entend dire « les produits de l’agriculture et de la pêche de Fukushima sont contaminés, c’est dangereux ! », et pas seulement de Corée du Sud… Il n’est pas rare qu’on me dise : « plus vous en parlez, plus vous contribuez à répandre la rumeur, laissez-nous tranquilles ! »
En fait, pour dissiper la rumeur, il faut persister à diffuser les informations concrètes, sérieusement, obstinément. Plus que jamais, il est de notre responsabilité en tant que station de télévision de la zone sinistrée, de continuer à transmettre méticuleusement le vrai visage de Fukushima.
(D’après un texte original en japonais du 2 mars 2016. Photo de titre : Naraha, le bourg situé à 20 km de la centrale de Fukushima Daiichi, est officiellement redevenue habitable le 5 septembre 2015 par la levée de l'ordre d'évacuation. Une cérémonie s'est tenue à la veille dans un parc. Jiji Press)
▼A lire aussi
Le vent se lève au large de Fukushima | Table ronde des médias de Fukushima (1ère partie) | Le charme immuable d’Aizu |
(*1) ^ Le réacteur no 3 de la centrale de Takahama a été redémarré le 29 janvier 2016 et le réacteur no 4 le 26 février, mais en mars 2016, les deux réacteurs sont à nouveau mis à l'arrêt sur décision de justice.
Le vent se lève au large de Fukushima
Table ronde des médias de Fukushima (1ère partie)
Le charme immuable d’Aizu