Ouvrir un musée après avoir observé des ovnis

Parmi les matériaux collectés par Arai Kinichi, environ 3 000 sont conservés et exposés au « Musée des contacts avec les ovnis », dans la préfecture de Fukushima. (photo avec l’aimable autorisation du UFO fureai-kan)
Parmi les matériaux collectés par Arai Kinichi, environ 3 000 sont conservés et exposés au « Musée des contacts avec les ovnis », dans la préfecture de Fukushima. (Photo avec l’aimable autorisation du UFO Fureai-kan)

Arai avait installé une « Bibliothèque ovni » à Gotanda, dans sa propriété personnelle, pour conserver et consulter les documents qu’il collectait. Peu avant sa mort, en avril 2002, il fit don de la majorité de ses documents au « Musée des contacts avec les ovnis » (UFO Fureai-kan), situé à Iinomachi dans la ville de Fukushima, dont le directeur de l’époque, Kinoshita Tsugio était de ses amis.

« M. Arai souhaitait pérenniser et inventorier son fonds de documentation de son vivant. C’était un homme très chaleureux, très sérieux. Il m’a dit : “Je n’ai jamais vu un ovni de ma vie. Vous en avez vu plusieurs, et pour ça, je vous envie” », se souvient M. Kinoshita.

Le « Musée des contacts avec les ovnis » a ouvert en 1992 grâce à une aide du gouvernement de 100 millions de yens (827 000 euros) pour des projets de valorisation des petites municipalités locales. Il se situe sur le flanc du mont Senganmori, d’où de nombreux témoignages d’objets lumineux sont rapportés depuis les temps anciens. M. Kinoshita, réputé comme chercheur local sur les phénomènes ovnis en fut le directeur de 1993 à 2010.

Le Senganmori (alt. 462,5 m) ; vue du sommet. (avec la permission du UFO fureai-kan)
Le Senganmori (alt. 462,5 m) ; vue du sommet (Photo avec l’aimable autorisation du UFO Fureai-kan)

Le Senganmori, avec sa forme de pyramide ronde, possède un puissant champ magnétique. C’est également site parsemé de mégalithes aux formes étranges comme des moais ou des pierres ressemblant à une baleine. D’après M. Kinoshita, de nombreux témoignages d’observations d’ovnis ont été relevés dans un rayon de 30 ou 40 km centrés sur la ville de Fukushima, dont fait partie le mont Senganmori. M. Kinoshita a lui-même vu un ovni pour la première fois en 1972, quand, âgé de 25 ans, il faisait avec trois amis l’ascension du mont Minowa (1 728 mètres), à l’ouest du Senganmori, et qui fait comme lui partie de la chaine des monts Adatara.

« Nous étions à 10-15 minutes du sommet. J’ai posé le pied devant moi et j’ai levé les yeux, quand j’ai vu un corps en forme de casque qui flottait comme s’il était collé en l’air. Il avait la couleur terne d’une pièce de 1 yen, et 30 cm environ de taille apparente. Ça a duré environ 30 secondes. Nous sommes restés abasourdis, tous les quatre. Nous nous sommes dépêchés d’atteindre le sommet, mais quand nous avons de nouveau regardé, il était déjà parti. »

Suite à cette expérience, M. Kinoshita a commencé à collecter les données sur diverses observations, et de fil en aiguille, il est devenu un passionné d’ovnis. Jusqu’à présent, il a fait lui-même 6 observations directes. Il est aujourd’hui à la retraite, mais il continue de recueillir des informations qu’il compile dans son « laboratoire », à côté de chez lui, à quelques minutes en voiture du Musée des contacts avec les ovnis. Certains visiteurs viennent parce qu’ils veulent en savoir plus sur les ovnis, ou pour parler de ce qu’ils ont vu. La majorité des gens dans le monde ne croient pas à l’existence des ovnis, mais pour M. Kinoshita, il ne leur manque qu’une porte d’entrée et quelques connaissances de base.

« Était-ce un ovni ou pas ? Je n’en sais rien, mais si vous vous dites que vous avez certainement mal vu, ça ne fait pas avancer le problème. Quand quelqu’un dit “J’ai vu un ovni”, il faut d’abord l’écouter. C’est peut-être quelqu’un qui étudiera l’astronomie ou les systèmes énergétiques dans l’avenir, parce que cette expérience d’avoir vu un ovni aura joué comme un déclic. Bien sûr, certains se disent “pourquoi, moi, je n’en vois jamais ?” mais d’abord, de nos jours les gens ne regardent pas assez le ciel. Si vous ne commencez pas par regarder le ciel, vous ne risquez pas un jour d’apercevoir des ovnis. »

(Voir également notre article précédent : Légende des ovnis au Japon : l’apparition d’un vaisseau et d’une femme mystérieuse au XIXe siècle)

(Texte et reportage de Itakura Kimie, de Nippon.com. Photo de titre : KTSimage/Pixta)