Rencontre avec un orfèvre de plus de 60 ans d’expérience

L’atelier Rizaburô est l’une des entreprises à avoir décidé de rester à Kanayamachi. Leur boutique vend des vases et des bouilloires à thé fabriquées à la main en utilisant des méthodes traditionnelles, et à l’arrière de l’atelier, les visiteurs peuvent s’essayer à la fonderie. Utilisant leur ongle pour tracer des lettres ou des décorations dans des moules en sable dans lesquels de l’étain en fusion est ensuite déposé, ils peuvent fabriquer de petits porte-plats ou porte-baguettes uniques à emporter à la maison en souvenir de leur passage.

L’entrée de la fonderie de métal Rizaburô, située dans la rue à l’ouest de la route principale pavée.
L’entrée de la fonderie de métal Rizaburô, située dans la rue à l’ouest de la route principale pavée.
La boutique vend une grande variété de produits en métal coulé, des articles de cérémonie du thé aux vases en passant par les poignées de porte. Derrière les rideaux verts se situe l’atelier dans lequel les visiteurs peuvent s’essayer à la fonderie.
La boutique vend une grande variété de produits en métal coulé, des articles de cérémonie du thé aux vases en passant par les poignées de porte. Derrière les rideaux verts se situe l’atelier dans lequel les visiteurs peuvent s’essayer à la fonderie.

Jinpachi Sôichirô, l’orfèvre de Rizaburô sur la cinquième génération, pratique son art depuis 60 ans. Utilisant les techniques traditionnelles tout en ajoutant des éléments plus modernes à son travail, il déclare que le fait de continuer à travailler à Kanayamachi est très important pour lui. Lorsque certaines de ses créations ne correspondent pas exactement au résultat qu’il espérait, il n’hésite pas à consulter les vieilles archives afin de trouver des astuces. C’est pour lui une nouvelle occasion d’acquérir du savoir, et de réfléchir à la manière dont ses prédécesseurs travaillaient.

« Souvent, quand je rencontre une difficulté dans mon travail, je me remémore les gestes précis des anciens. J’essaye d’imiter leurs mouvements et je comprends finalement certaines choses que je ne concevais pas auparavant. L’expérience m’a fait réaliser que certaines techniques fonctionnent simplement mieux. »

Si le moment est propice, il est possible de visiter l’atelier de Rizaburô. L’observation des artisans expérimentés plongés dans leur travail est une expérience digne d’intérêt, alors n’hésitez pas à prendre contact avec le maître pour arranger un tour de son atelier.

Jinpachi Sôichirô a été honoré de l’Ordre du Trésor Sacré, Rayons d’Argent, pour sa contribution à l’artisanat de la fonderie.
Jinpachi Sôichirô a été honoré de l’Ordre du Trésor Sacré, Rayons d’Argent, pour sa contribution à l’artisanat de la fonderie.
Polissage manuel d’un brasier utilisé pour la cérémonie du thé.
Polissage manuel d’un brasier utilisé pour la cérémonie du thé.
Jinpachi excelle dans la création de délicats vases soliflores (à gauche). Comparé au populaire vase de métal coulé de Takaoka (à droite), la finesse de son travail montre sa maîtrise de l’artisanat.
Jinpachi excelle dans la création de délicats vases soliflores (à gauche). Comparé au populaire vase de métal coulé de Takaoka (à droite), la finesse de son travail montre sa maîtrise de l’artisanat.

Takaoka protège fièrement le travail des artisans

La galerie Yotsukawa expose et vend deux lignes de produits : Kisendô, qui se concentre sur l’esthétique traditionnelle des objets en cuivre de Takaoka, et la marque Kisen, axée sur le style de vie, qui offre une approche plus moderne de l’artisanat.

La marque Kisen, qui comprend des vases uniformisés et des refroidisseurs de vin ainsi que des objets combinant le bois et le métal, s’est bien vendue, mais le président de la compagnie, Yotsukawa Motomasa, souligne l’importance de vendre à la fois des produits traditionnels et des objets modernes populaires. La tendance actuelle est de réinventer les objets d’autrefois avec des lignes contemporaines. M. Yotsukawa prédit toutefois que la tradition et la modernité seront appréciées à l’avenir pour leurs qualités respectives.

La galerie Kisendô est située dans la même rue que l’atelier de fonderie Rizaburô. Les présentoirs à l’arrière exposent les objets crées dans la tradition de la dinanderie de Takaoka.
La galerie Kisendô est située dans la même rue que l’atelier de fonderie Rizaburô. Les présentoirs à l’arrière exposent les objets crées dans la tradition de la dinanderie de Takaoka.
Des objets de table de la marque Kisen, élégamment disposés.
Des objets de table de la marque Kisen, élégamment disposés.

M. Yotsukawa ajoute qu’il est important pour les manufacturiers de protéger le travail des artisans.

« La fonderie à Takaoka est un processus collaboratif, avec différentes personnes travaillant pour différentes phases de la production, il est donc vital d’avoir une gamme de produits bien équilibrée. Par exemple, si nous ne fabriquons que des objets qui ne requièrent pas de polissage, de moins en moins d’artisans spécialistes de cette technique auront de chances de se faire connaître. C’est un problème, car quand nous voudrons fabriquer un objet nécessitant une expertise en polissage, il n’y aura plus personne pour accomplir ce travail... Les manufacturiers devraient penser aux moyens de subsistance de leurs travailleurs et à leur motivation lorsqu’ils conçoivent leurs nouvelles gammes de produits. »

Il met un point d’honneur au fait d’aller voir les artisans pour leur montrer le produit fini. Dans l’artisanat traditionnel, chaque aspect de la production est géré par une personne différente. Ainsi, de nombreux artisans ne s’occupent que d’une partie du projet et n’ont jamais la chance de voir le produit complet. Il est aussi fréquent que ces derniers ne connaissent que leur rémunération, sans savoir à combien le produit est vendu. Ce n’était pas un problème dans les années 1980 et 1990, pendant les années de la bulle économique, quand les manufacturiers recevaient d’importantes commandes de la part de négociants en gros. Mais de nos jours les ventes en détail sont la norme, et les employeurs doivent prendre en compte ces changements et être clairs avec leurs employés afin que ces derniers restent motivés.

« Je crois vraiment au potentiel de notre art à Takaoka. Les artisans locaux peuvent travailler avec le cuivre ainsi qu’avec d’autres métaux comme l’or, l’argent et le titane. Ils peuvent produire toutes sortes de choses, des statues aux bijoux, et ils ont également grandement développé leurs techniques de coloration et de modelage. Puisque je travaille avec les artisans et la communauté locale, je souhaite étendre la visibilité de la marque des objets en métal de Takaoka. »

M. Yotsukawa s’est également tourné vers une nouvelle activité, ouvrant le Kane-no-sanzun, un hôtel situé dans une ancienne maison rénovée, en décembre 2020. Il espère que les visiteurs viendront passer une nuit en ces lieux et utiliser les objets en cuivre dans leurs chambres afin de se familiariser avec les attractions de l’artisanat local durant leur séjour.

Yotsukawa Motomasa dit vouloir continuer à offrir des objets en cuivre traditionnels et modernes.
Yotsukawa Motomasa dit vouloir continuer à offrir des objets en cuivre traditionnels et modernes.
Les encensoirs sont le produit phare de Kisendô, dont les objets gagnent en popularité, notamment en Chine.
Les encensoirs sont le produit phare de Kisendô, dont les objets gagnent en popularité, notamment en Chine.

(Reportage, texte et photos de Nippon.com. Photo de titre : l’entrée du temple Daibutsu-ji, où se trouve le Grand Bouddha de Takaoka)