Repartir de « plus bas que zéro » sous de nouveaux gouvernements

Les prochaines élections présidentielles sud-coréennes, qui ont lieu tous les cinq ans, le président sortant ne pouvant reconduire son mandat, auront lieu le 19 décembre prochain. Le parti Saenuri (Ex-Grand Parti National) a d’ores et déjà désigné son candidat, M. Park Geun-hye, fille aînée de l’ancien président Park Chung-hee (1963-1979) et actuelle députée à l’Assemblée Nationale coréenne. Le Parti démocratique unifié, principal parti d’opposition, a finalement choisi Moon Jae-in, député et directeur de la Fondation Roh Moo-hyun comme candidat. L’inconnue de ces élections reste le degré de coordination qui existera entre Moon Jae-in et Ahn Cheol-soo, un professeur à l’Université Nationale de Séoul extrêmement populaire parmi les jeunes Coréens, qui a annoncé son intention de se présenter en indépendant.

Bien qu’il soit trop tôt pour faire des pronostics, Mme Park maintien actuellement son avance en tête de la course. La scène politique coréenne peut être grossièrement divisée entre conservateurs, qui votent Saenuri, et progressistes, dont les faveurs vont aux partis d’opposition. Mais Mme Park a brouillée les pistes en prenant ses distances avec le président Lee et en conduisant son parti vers le centre. Dans le domaine économique, Mme Park soutient la « démocratie économique » et la sécurité sociale, alors que dans le domaine des relations avec la Corée du Nord, elle est favorable à un engagement plus actif avec Pyongyang. De ce fait, il devient difficile de dicerner les différences entre les positions respectives du parti au pouvoir et des partis d’opposition.

Les frictions nippo-coréenne prennent de plus en plus d’importance dans le cadre du jeu politique intérieur coréen. Bien qu’il semble peu probable que ces frictions deviennent un enjeu majeur dans ces élections, le prochain gouvernement, quel qu’il soit, ne manquera pas de subir de fortes contraintes sur le dossier de sa politique japonaise dès sa prise de fonctions. Cette nouvelle administration pourrait inverser la tradition en maintenant une attitude rigide envers le Japon dès le début de son mandat. Néanmoins, on peut préjuger qu’un départ d’une position en retrait serait au contraire la meilleure façon d’élargir le champ des possibles pour aller de l’avant.

Le Japon, quant à lui, s’attend également à une élection prochaine. Les électeurs ne devraient pas tarder à être appelés aux urnes pour des élections générales. Aucun parti ne devrait en sortir avec une confortable majorité, mais on peut s’attendre à un débat sur la conduite à tenir dans les différends territoriaux. En l’absence de solutions de rechange originales, il est probable que de nombreux électeurs se placeront derrière les candidats et les parties qui favoriseront la fermeté.

On ne peut s’empêcher de ressentir une certaine inquiétude au sujet des relations nippo-coréennes, quand même la coopération dans des domaines à faible enjeu comme le GSOMIA sont retoqués. De toute évidence, le côté japonais a besoin de faire de courageuses ouvertures concernant les questions liées aux perceptions historiques, afin d’amener à réévaluer leur jugement sur le Japon. Seulement alors il sera possible de bâtir une relation stratégique dont aussi bien le Japon que la Corée tireront le meilleur. Dans l’état actuel des choses, la question est plutôt de savoir si les deux pays sont capables de faire ce choix et de commencer à y travailler.

(Initialement rédigé en japonais en Septembre 2012. Photographie de la bannière de titre : Yoshihiko Noda [à gauche] et Lee Myung-bak lors du sommet de décembre 2011 à Kyôto. Photo : Sankei Shimbun)