Une rencontre avec les orphelins de Kobe

À la Rainbow House de Sendai, les visiteurs peuvent inscrire leur taille sur le mur à côté d’un illustration représentant Ashinaga Ojisan (Tonton longues jambes).

En 2014, nous avons invité des orphelins du séisme de Kobe et leurs familles à venir à Ashinaga rencontrer leurs homologues du Tôhoku et discuter avec eux. Cette initiative, je suis heureux de le dire, a eu un immense impact positif sur les orphelins du Tôhoku, sur leurs parents ou tuteurs et sur leurs grands-parents.

Les épisodes racontés par les orphelins de Kobe n’avaient rien à voir avec les récits mirobolants qu’on peut s’attendre à voir dans un film. En fait, il y était plutôt question d’épreuves et de déboires, mais la morale de ces histoires étaient que leurs protagonistes étaient toujours vivants et menaient des vies normales en dépit de tous les revers qu’ils avaient subis. Pour les orphelins du Tôhoku, qui doutaient de leur avenir, savoir que leurs homologues de Kobe étaient devenus des étudiants ou des membres actifs de la société constituait une lueur d’espoir.

Mais la rencontre s’est aussi avérée bénéfique pour les gens de Kobe. L’expérience leur a permis de revenir sur les bons et les mauvais côtés de la vie qu’ils avaient menée depuis 1995. Voir leur vie avec davantage de recul les a confirmés dans la certitude qu’ils n’auraient pas pu faire de meilleurs choix que ceux qu’ils avaient faits.

Tendre la main aux gens qui en ont besoin

Les séismes et autres grandes catastrophes naturelles étant inévitables, nous allons devoir à l’avenir appliquer les leçons du Tôhoku en matière de soutien aux jeunes enfants, de façon à favoriser la cicatrisation de leurs blessures psychologiques – et ce, non seulement au Japon, mais dans le monde entier. Telle est la marche à suivre pour que les quelque 19 000 victimes du tremblement de terre de mars 2011 n’aient pas perdu la vie en vain.

Sendai a retrouvé sa vitalité, en partie grâce au boom de la reconstruction. Mais il est des zones du littoral, à 20 minutes à peine en voiture du centre de la ville, qui restent dévastées. Nous ne devons jamais oublier les dégâts provoqués par le tsunami.

Il en va de même pour les blessures émotionnelles dont souffrent les enfants des écoles. Les orphelins qui ont pu participer aux événements organisés à la Rainbow House ne représentent qu’une fraction de cette génération. En fait, c’est peut-être avant tout à ceux qui n’ont pas eu cette chance que nous devons tendre la main. Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à leur faire passer le message qu’ils seront toujours les bienvenus ici et que nous sommes prêts à parler avec eux jusqu’à ce qu’ils soient capables de voler de leurs propres ailes.

(D’après un texte en japonais du 8 mai 2015.)
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