Fabriquer les éventails
Chaque jour, vers 9 heures, la journée commence par la sortie à l’air libre des structures de bambou, qu’il faudra rentrer le soir vers 16 heures. Et ceci tous les jours sans exception de décembre à août, sauf les jours de pluie. Ce sont ainsi environ 1 000 structures d’éventail qui sèchent au soleil. « C’est assez physique, comme travail ! Je travaille 366 jours par an ! Mais c’est grâce à ce travail que mon corps est solide. »
Mme Akutsu ne ménage ni son temps si sa peine pour la fabrication de ses éventails. La réalisation d’un éventail Sesson consiste en deux grandes étapes : la réalisation des structures de bambou, et la pose de la couverture en papier japonais. La coupe des bambou madake s’effectue l’hiver. Fendre les bambous et réaliser les structures aussi sont des opérations de la saison froide. Il faut choisir des bambous dont l’espace entre les nœuds est suffisamment long, des bambous bien gros et bien droits. Puis, la fente et la réalisation de la structure doit se faire avant que le bambou ait séché, car sinon il ne se fend plus aussi régulièrement.
Les étapes les plus délicates sont la fente des lames et le nouage des baleines. À l’extrémité verticale du tronçon de bambou il faut pratiquer environ 40 incisions à moins d’1 mm d’intervalle à l’aide d’une lame à double tranchant très aiguisée. Puis un tour de main particulier, entre le pouce et l’index, fait courir les incisions pour ouvrir et séparer chaque baleine. C’est presque de la prestidigitation, pour obtenir des lamelles très fines et souples. Puis, un brin de jonc (de la variété dont on fait les tatamis) est tressé entre les lamelles de façon à les maintenir dans le bon écartement. À ce moment, l’éventail commence à prendre forme.


