Une dame d’une grande habilité

L’encollage et l’application des couvertures de papier japonais constituent l’étape suivante. D’abord la face envers, puis la face avers. La main presse le papier sur la structure, afin que le papier et le bambou apprennent à se marier l’un à l’autre. Les gestes sont nets, précis, et aucun mouvement est inutile. Les mains travaillent toutes seules, elles ont leur intelligence propre.

« Mon mari, qui est mort à 60 ans, possédait un bon sens pictural. Il m’a laissé, en plus des modèles de Sesson, une vingtaine de lavis des "Huit paysages de Mito" ou de fleurs de volubilis. Je les utilise toujours en les imprimant sur papier japonais. Grâce à lui, j’ai bien de la chance de pouvoir utiliser de si beaux motifs ».

Il faut un toucher très exercé pour réussir un parfait encollage et une parfaite mise en place du papier sur la structure. La colle est enduite au pinceau sur la structure de bambou, et le papier japonais fait main est plaqué dessus. La colle est fabriquée à base de farine de blé bouillie. Elle ne fabrique que la quantité nécessaire à la journée.
Il faut un toucher très exercé pour réussir un parfait encollage et une parfaite mise en place du papier sur la structure. La colle est enduite au pinceau sur la structure de bambou, et le papier japonais fait main est plaqué dessus. La colle est fabriquée à base de farine de blé bouillie. Elle ne fabrique que la quantité nécessaire à la journée.

Avec un bambou madake local soigneusement choisi, une structure liée avec un jonc solide, il faut du papier Nishinouchi résistant qui ne se déchirera pas facilement. Le papier Nishinouchi est un papier fait main dans la ville de Hitachi-Ômiya, exclusivement à partir de fibres de murier à papier (kôzo). Il possède une excellente durabilité. Fabriqués avec une telle exigence, les éventails sont très solides.

Mme Akutsu reçoit des lettres de clients qui l’assurent que ses éventails sont toujours d’une tenue parfaite après 10 ans de services. Certains utilisent même leur éventail depuis 20 ans.

« Un produit qui dure autant, ça ne fait pas marcher le commerce, ça ! » dit Mme Akutsu avec un sourire pétillant de malice.

La peinture bouddhiste représentant la divinité Benzaiten, exposée dans l’entrée, est une peinture originale offerte par un client. Mme Akutsu la salue tous les matins et tous les soirs, et la remercie pour cette journée de vie supplémentaire. Elle travaille sur la galerie extérieure de sa maison, exposée au sud et face au jardin.

 « Les hivers sont ensoleillés, il y fait bon. Je travaille tant qu’il fait jour, et dès qu’il fait nuit, la journée est terminée. » Elle se met alors sous son kotatsu  (table chauffante) et regarde les films de samouraïs à la télévision, prend son dîner, puis se couche à 20 heures 30 ou 21 heures.

« La maison est bien aérée. C’est-à-dire que les hivers sont froids, mais je n’ai pas besoin de ventilateur en été. Un éventail suffit amplement ! »

Ses trois enfants étant indépendants, Mme Akutsu vit seule et à son rythme. « Je travaille comme je veux, je vis selon mon bon plaisir. Autour de moi les voisins sont très gentils. Je n’ai jamais été aussi heureuse ! »

La maison, construite à l’époque Meiji, est bien ventilée en été, le soleil y rentre en hiver. Mme Akutsu travaille dans la galerie extérieure.
La maison, construite à l’époque Meiji, est bien ventilée en été, le soleil y rentre en hiver. Mme Akutsu travaille dans la galerie extérieure.

(Article écrit à l’origine en japonais. Reportage et texte de Mutsuda Yukie. Photos : Ôhashi Hiroshi)