Lion d’or à la Biennale de Venise
La Maison pour tous de Rikuzen-Takata dans le département d’Iwate était exposée dans le Pavillon japonais de la 13e Biennale internationale d’architecture de Venise, qui s’est déroulée en 2012. Le thème de la présentation était : « quelle est la possibilité pour l’architecture ? ». Pendant presque un an, l’exposition a documenté au moyen de maquettes les discussions et les processus d’élaboration autour de la construction ; 120 maquettes d’étude montraient comme le processus a convergé vers le bâtiment définitif. L’exposition, qui insistait sur la valeur d’une « architecture qui dépasse l’unidimensionalité de la construction d’un bâtiment, a été récompensée par le Lion d’Or de la Biennale.
En tant que commissaire du Pavillon japonais, Ito Toyo avait indiqué avant le début de l’exposition avoir bénéficié pour la Maison de tous de Rikuzen-Takata la collaboration de trois jeunes architectes : Inui Kumiko, Fujimoto Sosuke et Hirata Akihisa. Il avait également invité Hatakeyama Naoya, photographe origine de cette ville, à se joindre au projet. Il est très rare que plusieurs architectes collaborent sur la conception d’un immeuble sans se partager strictement les rôles. Car plusieurs architectes travaillant ensemble pour un même projet se trouveraient généralement en compétition les uns avec les autres pour exprimer leur personnalité, ce qui à terme risquerait de troubler la clarté du concept et résulterait au mieux en une somme de compromis. C’est pourtant le pari qu’a osé Ito Toyo en proposant aux jeunes architectes de « tout discuter à fond », sous son regard bienveillant.
La quantité des maquettes d’étude et de commentaires montre si besoin était l’angoisse à laquelle ces jeunes architectes chargés de mettre en œuvre ce projet ont dû faire face. De nombreuses idées ont ainsi été émises et abandonnées pour manque de convergence. Comme l’explique Hirata Akihisa : « Au début, nous étions trois personnalités qui essayions de nous imposer. Notre désir de créer quelque chose de nouveau par le moyen de l’architecture tournait à vide. Car nous évitions toujours le point essentiel qui était tout de même : comment ce bâtiment se justifiera-t-il dans la zone sinistrée ? ».



