Une fête pour apaiser les âmes des morts
Le Gion matsuri est considéré à juste titre comme le plus important des festivals d’été au Japon. Ses origines remontent à plus de 1 100 ans en arrière.
À Kyoto, la capitale du Japon à l’époque, les épidémies étaient courantes en été, et faisaient de nombreuses victimes. La rivière qui traverse la ville, la Kamogawa, était également sujette à de violentes crues pendant la saison des pluies. Ce sont ces eaux qui stagnaient ensuite qui étaient la cause des épidémies.
D’autres régions étaient victimes de catastrophes naturelles. Le très gros tremblement de terre de Jôgan s’est ainsi produit en 869 au large de la côte de Sanriku dans le Nord-Est. Ce séisme, qui a été estimé à une magnitude de 8,4 a provoqué un tsunami d’une ampleur équivalente à celui de 2011. À l’époque, on pensait que les catastrophes naturelles, comme aussi les éruptions du Mont Fuji ou du Mont Aso (Kumamoto), étaient causées par les malédictions des âmes de mort brutale.
Il faut apaiser les âmes courroucées dans tout le pays… C’est ainsi que le Gion matsuri était à l’origine un goryô-e (un rite d’exorcisme et d’apaisement des âmes courroucées) du sanctuaire Yasaka, autrefois appelé sanctuaire Gion.
« En réalité, explique M. Yoshida Kôjirô, président de la Fédération des yamahoko du Gion matsuri, l’événement principal au cœur du Gion matsuri est la sortie des trois mikoshi du sanctuaire de Yasaka. Le 17 juillet, jour du Shinkôsai (parade-aller), les trois divinités, à commencer par Susanoo no Mikoto, sont déplacées en palanquin jusqu’à un otabisho où ils résident jusqu’au 24 juillet, jour de la fête du Kankôsai (parade-retour) où ils retournent dans leur sanctuaire de Yasaka. Ces déplacements divins sont une façon de remettre en place ce qui était dérangé. Ces déplacements s’accompagnent de prières pour la disparition des épidémies et des impuretés. »
Les processions de yamahoko se divisaient alors, à l’origine, en deux événements, l’un la veille du Shinkôsai pour inviter les dieux à sortir, et l’autre au lendemain du Kankôsai pour remercier les dieux de leur visite. De nos jours, seule la procession de la veille est effectuée.


