Le concours international de sculpture sur neige de Sapporo

Le premier choc pétrolier de 1973 a eu un impact négatif sur le 25e festival de la neige de Sapporo qui s’est tenu l’année suivante, en 1974. Les organisateurs n’ont en effet pas réussi à se procurer assez de carburant pour transporter les énormes quantités de neige nécessaires pour réaliser les sculptures. Ils en sont même venus à se demander si le festival pourrait avoir lieu. Pour pallier au manque de neige, ils ont eu recours à quelque 800 cylindres d’acier qui ont servi de structure interne aux statues de neige les plus grandes. Le festival de la neige a pu ainsi se dérouler comme les autres années. Mais l’inclusion de cylindres dans les sculptures avait l’inconvénient de les rendre moins compactes et moins stables tant et si bien que la neige a commencé à fondre beaucoup plus rapidement que d’habitude. Le risque qu’elles ne s’effondrent était tel que la fin de la manifestation a été accueillie avec un grand soulagement.

« Les artistes de la nature ». Cette œuvre, présentée par la Thaïlande, a remporté le concours international de sculpture sur neige, organisé en 1989, lors du 40e festival de la neige de Sapporo.

Mais le festival de la neige n’en a pas moins continué à prendre de l’ampleur. En 1974, elle s’est résolument ouverte sur le monde en organisant un concours international de sculpture sur neige. Outre le Japon, cinq pays ont répondu à l’appel en envoyant une équipe : le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, et le Vietnam du Sud (réunifié depuis avec le Vietnam du Nord). Les spectateurs ont été enchantés par la diversité des œuvres exposées. Par la suite, le nombre des candidats n’a pas cessé d’augmenter. Le concours international de sculpture sur neige de Sapporo a accueilli non seulement d’autres pays comme l’Allemagne et l’Australie mais aussi des villes, en particulier Shenyang (Chine), Portland (Orégon, États-Unis), et Daejeon (Corée du Sud). Grâce à lui, le festival de la neige est devenu une manifestation d’envergure vraiment internationale.

À l’occasion de la 34e édition, en 1983, les organisateurs ont ouvert un troisième site, celui de Susukino, un des quartiers de divertissements de Sapporo. Les œuvres qui y ont été dès lors exposées ont la particularité d’être taillées non pas dans la neige, mais dans la glace. Elles sont alignées le long de la rue principale de Susukino et quand la nuit tombe, elles se mettent à briller de mille feux à la lumière des néons, pour le plus grand plaisir du public. En 2005, le site de Makomanai a été fermé et remplacé par l’immense complexe du « dôme communautaire de Sapporo », qui a conservé les attractions traditionnelles liées à la neige comme les toboggans et les traineaux. Le dôme lui-même comporte une zone de repos et de restauration ainsi qu’un vaste espace de jeux à l’usage des familles. Le festival de la neige est une manifestation où l’on peut goûter à tous les plaisirs qu’offre l’hiver à Hokkaidô, en parcourant chacun des trois sites qui lui sont affectés.

Cette sculpture représentant le Palais royal de Bangkok (Chakri Maha Prasat), en Thaïlande, a été réalisée pour le 58e festival de la neige de Sapporo, en 2007. (© HBC)
« Vestiges de l’Egypte », une sculpture de neige réalisée en 2008, à l’occasion du 59e festival de la neige de Sapporo. (© HBC)