Les bienfaits de la balnéothérapie sur le vieillissement et les maladies
Depuis quelques temps, on parle beaucoup des propriétés antioxydantes de certains aliments, entre autres les fruits, les légumes et les champignons. Les molécules antioxydantes ont la particularité d’empêcher le processus d’oxydation générateur des radicaux libres qui provoquent le vieillissement et un grand nombre de pathologies notamment le cancer, l’hypertension, l’artériosclérose, les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et l’obésité. Mais la quantité de légumes et de fruits consommée sur la planète n’en diminue pas moins régulièrement au fil des années. Dans le même temps, nous continuons à manger de grandes quantités de plats préparés ainsi que de viande et de produits laitiers qui contiennent des protéines animales et ont très souvent des propriétés oxydantes.
L’apparition des radicaux libres, qui seraient responsables de 90 % des maladies et du processus du vieillissement, est favorisée, entre autres, par les rayons ultraviolets à haute dose, les radiations, les pesticides, les gaz d’échappement, les additifs alimentaires, le tabac, les produits pharmaceutiques et le stress de haut niveau. Ces molécules oxydent les autres substances chimiques et, ce faisant, provoquent une réaction en chaîne destructrice. C’est cette oxydation qui provoque la corrosion des métaux et le pourrissement du poisson. Dans le corps humain, qui est composé de 60 mille milliards de cellules, les radicaux libres entrainent l’oxydation des membranes cellulaires et par voie de conséquence, la dégradation des cellules affectées et de l’ADN qu’elles contiennent, et par voie de conséquence le cancer.
Le processus inverse de l’oxydation, appelé réaction d’oxydoréduction, a pour effet d’inhiber les effets des agents oxydants. Il prévient ainsi le vieillissement, la corrosion et la décomposition. Dans le corps humain, il neutralise les oxydants tout en réduisant l’apparition des radicaux libres et en activant les cellules affectées, ce qui a entre autres conséquences celle de rajeunir la peau. Depuis les temps anciens, les sources thermales sont considérées comme une « fontaine de jouvence » aussi bien au Japon qu’en Europe en raison de leur pouvoir « régénérateur ». Comme le précisait déjà le Rapport sur la province d’Izumo, les bains dans les sources chaudes ont la propriété d’embellir la peau en lui rendant sa jeunesse et son éclat.
Avant de jaillir du sol, l’eau des sources thermales possède déjà les vertus régénératrices qui sont les siennes. D’un point de vue scientifique, on peut dire qu’elle doit ses propriétés au processus d’oxydoréduction qu’elle déclenche dans le corps humain. Elle réduit l’effet des radicaux libres et réactive les cellules qui ont été affectées et risquent de provoquer des maladies graves si elles ne sont pas traitées. Les sources chaudes ont aussi un « effet antioxydant » dans la mesure où elles ont une action préventive sur le processus d’oxydation.
Mais si on laisse l’eau thermale stagner une fois qu’elle est sortie de terre ou si on lui ajoute un produit désinfectant à base de chlore, une réaction chimique se produit qui donne à l’eau un pouvoir oxydant. Les bains chauds perdent alors toutes leurs propriétés antioxydantes et régénératrices.
Des propriétés régénérantes exceptionnelles
Les onsen ont une action bienfaisante sur le corps et l’esprit des habitants de l’Archipel. Le pouvoir régénérant de l’eau des sources chaudes contribue aussi à soigner les maladies. La médecine actuelle se préoccupe uniquement des symptômes qu’elle traite à l’aide de produits pharmaceutiques. Elle ne fait pas grand-chose en ce qui concerne la prévention des pathologies, un domaine où la balnéothérapie aurait pourtant un rôle à jouer. L’eau thermale des onsen a en effet des vertus régénératrices qui lui permettent de réduire et d’éliminer les radicaux libres.
Les propriétés thérapeutiques des sources thermales sont d’autant plus efficaces que les bains ont lieu dans de l’eau tout juste sortie du sol et qui n’a pas été diluée ou réchauffée artificiellement. Les Japonais utilisent le terme gensen kake nagashi (l’eau qui coule directement de la source) pour désigner les bains directement alimentés par une source thermale dont l’eau est constamment en train de se renouveler et de déborder. Et c’est précisément ce type de onsen authentique que je recommande, c’est-à-dire une source chaude où il y a un flux constant d’eau thermale en train de jaillir.
Le charme secret des onsen japonais réside dans leur pouvoir régénérateur, un pouvoir qu’ils possédaient déjà il y a près de 13 siècles, au moment de la rédaction du Rapport sur la province d’Izumo et qu’ils avaient encore à l’époque d’Edo, du temps du shôgun Tokugawa Ieyasu et du médecin Gotô Konzan. Ce pouvoir, qui leur vient de la nuit des temps, les sources chaudes japonaises l’ont encore aujourd’hui et elles le garderont intact, tant que la Terre existera.
(Photographie du titre : l’eau de la source thermale jaillit directement dans la piscine de cet onsen. Avec l’aimable autorisation de Shimofuji-ya)



