Tarô (ville de Miyako) : la digue anti-tsunami détruite en un instant

Dans le district de Tarô de la ville de Miyako, tout le monde pensait que la digue anti-tsunami pourrait résister.

Cette région a été détruite plusieurs fois par de grands tsunami au cours de son histoire. À l’ère moderne, en 1896, le grand tsunami de Meiji Sanriku emporte avec lui tout le village et coûte la vie à plus de 80% de la population. Le grand tsunami de Shôwa Sanriku de 1933 détruit, quant à lui, environ 90% des habitations et décime environ un tiers de la population.

C’est en 1934, l’année suivant le tsunami de Shôwa Sanriku, que commence la construction d’une immense digue anti-vague. Les travaux sont interrompus pendant la guerre mais reprennent dès la fin des hostilités et, en 1958, un immense mur de 10 mètres de haut par rapport au niveau de la mer est achevé et s’étend sur une longueur totale de 1 350 mètres. Les travaux se poursuivent par la suite pour réaliser un ouvrage d’un gigantisme sans précédent : un double mur en forme de X d’une longueur totale de 2 400 mètres. Tarô est alors fier de se faire connaître comme la région anti-tsunami par excellence.

Mais le tsunami de 2011 balaie d’un seul coup cette belle assurance. La vague a presque 15 mètres de hauteur. Elle détruit en un instant la paroi du côté océan de la double digue sur 500 mètres, puis franchit facilement les autres emplacements du mur. La paroi intérieure du côté des terres est également démolie en grande partie. La zone urbaine est entièrement détruite. Et les victimes seront nombreuses (photo 3).

Aujourd’hui, les travaux de remblaiement se poursuivent à l’intérieur de cette double digue (photos 4 et 5). Mais pour les gens de la région, beaucoup de victimes sont mortes d’avoir fait trop confiance à ce mur gigantesque. Après cette catastrophe, la plupart des rescapés ont accepté de déplacer leur zone d’habitation vers les hauteurs.

District de Tarô, 30 mars 2011
District de Tarô, 22 janvier 2012
Photo 5 : District de Tarô, 4 octobre 2014