Rebondir après Fukushima
Une fois diplômée de l’Université Waseda, en 2004, Tani Mami commence à travailler pour la firme Suntory Holdings, sans pour autant cesser de s’entrainer. Deux ans à peine après l’amputation de sa jambe droite, elle réussit à intégrer la délégation paralympique nationale du Japon au JO de Londres, dans la discipline du saut en longueur. Elle est également sélectionnée pour les Jeux suivants, ceux de Pékin de 2008. Elle se prépare en vue des Jeux de 2012, lorsque le nord-est de l’Archipel est dévasté par le terrible séisme suivi d’un tsunami le 11 mars 2011. Kesen-numa, sa ville natale située dans la préfecture d’Iwate, fait partie des localités les plus touchées par la catastrophe.
Les vagues géantes emportent la maison où elle avait grandi, et sans doute aussi une partie de son identité. Avec le soutien de son employeur, Tani Mami fait tout son possible pour aider les personnes évacuées et contribuer au renouveau et à la reconstruction des zones ravagées. Les gens la remercient en lui prodiguant des paroles d’encouragement pour les Jeux paralympiques.
« J’ai compris que le meilleur moyen pour remonter le moral des habitants de ma ville était de faire de mon mieux à Londres. J’ai donc commencé à consacrer plus de temps à mon entrainement. »
Aux Jeux de Londres, Tani Mami réalise la meilleure performance de sa carrière et l’année suivante, en 2013, elle remporte la médaille de bronze aux championnats du monde d’athlétisme de Lyon.
Le pouvoir du sport
Comment Tani Mami a-t-elle fait pour concilier un emploi à plein temps avec la participation à trois olympiades, la promotion du handisport, la reconstruction du nord-est de l’Archipel et sa vie personnelle ?
« Je réponds toujours “présent”, qu’il s’agisse de mon travail ou du reste de ma vie », affirme la jeune femme. « Je ne cherche pas à trouver un équilibre entre les deux. Pour moi, il n’y a pas de séparation entre mon activité professionnelle et ma vie privée. Ils sont indissociables l’un de l’autre et font partie intégrante de mon existence. »
En septembre 2013, Tani Mami offre son soutien à la candidature de Tokyo lors de l’ouverture de l’assemblée générale du comité international olympique (CIO) organisée à Buenos Aires pour choisir la ville hôte des JO de 2020. Elle y prononce un discours très émouvant où elle évoque le « pouvoir du sport » et la façon dont l’athlétisme l’a aidée à surmonter son cancer des os et la catastrophe de Fukushima en 2011.
« Quand j’ai perdu ma jambe droite, je me suis donnée pour mission de promouvoir le handisport et de faire comprendre aux gens l’importance de la vie. Mais comme je n’avais aucun exemple pour me guider, j’ai toujours agi à l’aveuglette en procédant par tâtonnements. Je suis très reconnaissante que l’on m’ait donné l’occasion de m’exprimer en faveur de la candidature de Tokyo à Buenos Aires. Cela m’a permis de faire le point sur tout ce que j’avais fait. Depuis, je me sens plus légère. »

