L’importance du soutien de l’entourage

En 2014, Tani Mami épouse un employé d’une grande agence de publicité et l’année suivante, elle donne naissance à un garçon.

Concilier vie professionnelle et familiale n’est jamais facile, que l’on ait un handicap ou non. Cela n’empêche pas Tani Mami d’annoncer son souhait de faire partie de la délégation nationale du Japon aux JO de Tokyo non pas pour l’épreuve du saut en longueur, mais pour celle du triathlon. Cette décision implique à priori de devoir gérer de manière encore plus rigoureuse son travail avec sa vie personnelle.

Toutefois pour Tani Mami, c’est un choix naturel qui va de soi. « Le triathlon est une discipline beaucoup plus exigeante que le saut en longueur. Mais elle me convient mieux. Dans le cas du saut, je dois obligatoirement m’entraîner dans un stade alors que pour le triathlon, je peux aller nager à la piscine de l’école d’à côté, et courir et faire du vélo où et quand je veux. Qui plus est, au lieu d’être seule sur un stade, je suis entourée par toutes sortes de gens qui eux aussi nagent, courent ou font du vélo. C’est pour moi une motivation supplémentaire. »

Les performances de Tani Mami prouvent que sa décision est la bonne. Elle remporte en effet toutes les épreuves auxquelles elle participe dans cette discipline, y compris deux séries de paratriathlon aux championnats du monde d’athlétisme de Rotterdam, en 2017. Mais sa vie quotidienne n’en reste pas moins centrée autour de son fils âgé de deux ans. En semaine, la jeune femme s’entraîne tôt le matin, avant que l’enfant ne se réveille, et pendant les week-ends, il la suit en bicyclette avec son père quand elle va courir.

« Chaque fois que mon fils m’encourage, cela me donne un coup de fouet. J’essaie de compenser mes absences quand j’ai des compétitions à l’étranger où je ne peux pas l’emmener, en lui accordant toute mon attention lorsque je suis à la maison. En fait, les contraintes auxquelles je suis soumise en termes de temps m’ont aidée à me concentrer davantage sur mes séances d’entrainement. »

Le mari de Tani Mami joue lui aussi un rôle déterminant dans sa vie. Grâce à son soutien et sa compréhension, elle peut jongler plus facilement avec ses multiples responsabilités. Et quand il est trop occupé pendant les absences de sa femme, des mères de famille du voisinage viennent l’aider pour récupérer son enfant à l’école maternelle et préparer des repas. La façon dont Tani Mami s’implique à fond dans sa vie professionnelle, sportive et familiale a touché tous ses proches et tissé des liens solides avec son entourage.

Tani Mami est confiante dans l’avenir. « Mon fils m’a toujours vu retirer ma prothèse avant d’aller me coucher. Dès qu’il a eu un an, il a commencé à venir de lui-même me l’apporter le matin. Il est très à l’aise quand je l’emmène dans des endroits où il y a des gens de tous les pays. J’espère qu’il va continuer à garder un esprit ouvert et dépourvu de tout préjugé vis-à-vis des autres », conclut-elle avec son merveilleux sourire à nul autre pareil.

(Photos : Kawamoto Seiya, sauf mention contraire. Photo de titre : Takemi Shûgo — Tani Mami félicitée par des admirateurs à l’issue d’une démonstration de paratriathlon organisée en octobre 2017 au parc maritime d’Odaiba où cette épreuve se déroulera pendant les JO de Tokyo, en 2020.)