La gestion d’une contamination à faible dose
La troisième séance du colloque de Fukushima a été divisée en deux parties. La première avait pour thème « Dose, dosimétrie et évaluation des doses de radiations des zones contaminées ». Bruce Napier, du Laboratoire national américain du Nord-Ouest du Pacifique, a parlé du traitement des déchets radioactifs. Les déchets hautement radioactifs doivent être traités avec le plus grand soin. En effet, si le niveau des doses pour une contamination à faible dose est relativement peu élevé, le volume des déchets est souvent énorme. La gestion des déchets faiblement radioactifs doit se faire avec l’accord de la population et donner lieu à un long et difficile débat national qui ne fait que commencer.
La seconde partie de la troisième séance du colloque de Fukushima était consacrée à « La radiobiologie et la radioépidémiologie ». Niwa Ôtsura, de l’Université de Kyoto, a évoqué les risques médicaux posés par l’exposition aux radiations. Il pense que les médecins doivent se fonder à la fois sur les facteurs individuels de risques du patient et sur les statistiques pour donner leur avis.
Les conséquences psychologiques d’un accident nucléaire
Le 12 septembre, le deuxième jour du colloque de Fukushima, a commencé avec la quatrième séance où il a été question des « Leçons de l’accident nucléaire de Tchernobyl ».
Dans son intervention, Evelyn J. Bromet de l’Université Stony Brook, aux Etats-Unis, a parlé des « Conséquences de l’accident nucléaire de Tchernobyl sur la santé mentale ». Après les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl, quantité d’habitants des régions touchées ont présenté des symptômes de dépression, d’angoisse et de troubles de stress post traumatique. Ces personnes étaient inquiètes pour leur santé et celle de leur entourage immédiat, ainsi que pour leur avenir et leur place dans la société. Les habitants de la région de Fukushima devraient, selon toute vraisemblance, être victimes des mêmes effets psychologiques. Evelyn J. Bromet a demandé à ce que l’on accorde autant d’importance aux conséquences psychiques et physiques de la catastrophe de Fukushima.
La cinquième séance a été consacrée à des exposés sur « La sécurité en matière de radiations et les principes directeurs d’une politique de risques sanitaires ». La sixième et dernière séance du colloque de Fukushima a été coprésidée par Abel Julio González de la Commission internationale pour la protection radiologique et Yamashita Shunichi de la Faculté de médecine de Fukushima. Lee Jaiki de l’Université Hangyang, en Corée du Sud, a parlé de la façon dont son pays a réagi à la catastrophe de Fukushima. Wolfgang Weiss de l’Office fédéral allemand pour la protection contre les radiations a évoqué, quant à lui, les activités du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR). Le UNSCEAR a l’intention de publier un rapport préliminaire sur l’exposition et les conséquences des radiations de la catastrophe de Fukushima en 2012, qui sera suivi d’un rapport final en 2013.
Les leçons de la catastrophe de Fukushima
Après les exposés des différents intervenants et les débats auxquels ils ont donné lieu, un rapport contenant les conclusions et les recommandations du colloque de Fukushima a été rédigé. En général, les conférenciers donnent le contenu de leur intervention avant les colloques internationaux, mais dans le cas de Fukushima, c’est le contraire qui s’est produit dans la mesure où le rapport final est fondé sur les débats qui ont eu lieu pendant le colloque.
En premier lieu, le rapport constate que l’évacuation des habitants, le confinement des populations à leur domicile pour éviter au maximum l’exposition aux radiations et l’application des règles de sécurité concernant l’alimentation se sont déroulés correctement et que les conséquences directes de l’accident nucléaire sur la santé de la population ont été bien moindres qu’à Tchernobyl. Mais il n’en reste pas moins que Fukushima a été victime d’une catastrophe épouvantable. Les rédacteurs du rapport pensent qu’il faut absolument continuer à surveiller le niveau de contamination de l’environnement pour assurer la sécurité des habitants de Fukushima.
En second lieu, le rapport recommande une surveillance sanitaire continue. Le gouvernement japonais a déjà commencé une étude pour évaluer les doses d’exposition externe auxquelles ont été soumis les individus et il a lancé un programme d’échographies de la thyroïde pour tous les résidents de Fukushima.
En troisième et dernier lieu, le rapport demande à ce que le gouvernement japonais et les organisations internationales tirent pleinement parti des leçons de la catastrophe de Fukushima et continuent à coopérer de façon efficace sur le long terme.
Souhaitons que les résultats de ce colloque contribuent à permettre à toute la population de Fukushima de prendre un nouveau départ.
(D’après un compte rendu en japonais de Hayashi Aiko)



