La solidité des fabricants japonais de machines-outils
Il y a environ 200 fabricants de machines-outils au Japon, dont 77 figurent parmi les 92 membres de l’Association japonaise des fabricants de machines-outils, et 27 parmi les 37 membres de l’Association japonaise des fabricants de machines-outils d’établi. Aux membres de ces deux organisations, il faut ajouter les entreprises qui n’en font pas partie pour obtenir un panorama complet de la profession. En fondant une usine aux États-Unis dès 1974, Yamazaki Mazak s’est affirmé comme le pionnier de la production outre-mer. La figure 2 donne une vue d’ensemble pour l’année 2011 de l’état de la production japonaise à l’étranger. Le phénomène de délocalisation a pris de l’expansion par différents biais. Certaines entreprises produisent des machines-outils à commande numérique dans des usines installées aux États-Unis, en Europe, en Chine et en Asie du Sud-Est. Yamazaki Mazak, Makino Milling Machine, Takizawa Machine Tool et Sodick entrent dans ce cas de figure. D’autres ont constitué des coentreprises avec des sociétés européennes. Mori Seiki, par exemple, a commencé sa production dans l’usine chinoise de la firme allemande Gildemeister. Takamatsu Machinery, quant à lui, a noué des liens avec une entreprise taiwanaise pour établir une base de production en Chine. Ces fabricants mettent à profit l’état avancé de la technologie japonaise pour s’efforcer de développer des segments de marché outre-mer.
D’autres entreprises encore ont fait le choix de compartimenter leur activité, en produisant des machines-outils de haute qualité et des pièces de haute précision au Japon et en fabriquant à l’étranger des machines-outils de série. Pour peu qu’ils parviennent à continuer d’afficher le même ressort et la même souplesse, peut-être les fabricants japonais éviteront-ils de reproduire les erreurs de leurs homologues américains.
Figure 2
Production outre-mer des fabricants japonais de machines-outils
| États-Unis | Citizen Machinery, Yamazaki Mazak |
| Brésil | JTEKT |
| Grande-Bretagne | Yamazaki Mazak |
| France | Mori Seiki |
| Suisse | Mori Seiki |
| Corée du Sud | FANUC, Nishida Machine |
| Taiwan | Okuma, Takisawa Machine Tool |
| Chine | Brother Industries, Citizen Machinery, FANUC, Hakusan Kiko, JTEKT, Kiwa Machinery, Komatsu NTC, Koyo Machine Industries, Makino Milling Machine, Mitsubishi Electric, Okuma, Shin Nippon Koki, Sodick, Takamatsu Machinery, Tsugami, Yamazaki Mazak |
| Philippines | Miyano |
| Thaïlande | Citizen Machinery, Enshu, Okamoto Machine Tool Works, Sodick |
| Singapour | Makino Milling Machine, Okamoto Machine Tool Works, Yamazaki Mazak |
| Vietnam | Citizen Machinery |
| Inde | FANUC, Makino Milling Machine |
Source : Association japonaise des fabricants de machines-outils
Il ne faudrait pas pour autant oublier les remarques formulées par Yoshino Hiroyuki, ancien président de la société Honda Motor, dans le discours qu’il a prononcé lors de la Foire internationale des machines-outils qui s’est tenue au Japon en 2008. « Dans l’usine que nous venons d’ouvrir en Thaïlande », a-t-il dit, « nous avons introduit dans notre chaîne de fabrication de moteurs des machines-outils faites en Inde et en Chine qui coûtent environ 40 % de moins que les machines japonaises. Les résultats ont été impressionnants. Le Japon doit revoir la question des coûts. » Dans un monde en constante mutation, il est difficile de prévoir ce qui va se passer d’ici cinq ans. Mais les entreprises qui n’ont pas su se forger une individualité propre ni se doter du personnel qualifié dont elles ont besoin et qui se contentent de regarder les marchés du monde changer autour d’elles vont avoir du fil à retordre dans les années qui viennent. Seules l’ardeur au travail et l’inventivité permettront aux constructeurs japonais de machines-outils de relever ce défi.
(D’après un texte original en japonais.)
