L’indépendance à risque

Nous avons parlé ci-dessus des questions de management propres aux filiales low-cost issues des compagnies traditionnelles, mais qu’en est-il des compagnies à bas prix « pure player » locales ? Il est possible de se faire une idée du défi auquel doivent faire face les start-ups low-cost indépendantes en examinant le cas de Skymark, qui s’est introduit sur ce segment dès les années 1990. Malgré sa relativement longue expérience, Skymark a réalisé peu de progrès en termes d’économies d’échelle, et n’a pu offrir jusqu’à présent à ses clients que des baisses de coûts relativement modestes. La compagnie doit encore réussir à s’ouvrir les portes de l’aéroport de Haneda, le hub le plus profitable pour les vols locaux et régionaux. Les ouvertures resteront limitées pour le transporteur, aussi bien en départs qu’en arrivées, tant que JAL et ANA bénéficieront de traitements de faveur pour leurs emplacements.
La stratégie de Skymark vise dorénavant à se concentrer sur les vols intérieurs à partir de Narita. Dans le cadre de cette campagne, Skypark a démarré une offre pour des vols Narita-Hokkaidô à des prix comparables à un ticket de bus. Mais on peut se demander si les voyageurs seront prêts à abandonner Haneda pour Narita, à près de 60 km de la gare de Tokyo. Et les problèmes sont similaires dans la région du Kansai.
Un essentiel besoin de leadership
Enfin, un autre facteur s’avère crucial dans le succès ou l’échec d’une compagnie low-cost : le leadership de la direction. Des dirigeants comme Tony Fernandes pour AirAsia, Bruce Buchanan pour Jetstar ou Nishikubo Shin’ichi de Skymark, possèdent cette qualité. Dans le cas de AirAsia Japan et Jetstar Japan, qui sont des joint venture établies sur la base d’un partenariat avec l’une des deux grandes compagnies aériennes japonaises, la question fondamentale sera de savoir si la structure du management permettra à ses cadres dirigeants d’exercer efficacement cette sorte de leadership. Dans le cas de Skymark, inversement, la question est de savoir si Nishikubo, qui vient du domaine des technologies de l’information, est en mesure d’assimiler les conseils des observateurs du secteur tout en imprimant sa patte personnelle sur la direction de la marque.
(D’après un texte original en japonais)