Un acteur soucieux de satisfaire le public
Nakamura Kanzaburô XVIII faisait preuve en même temps d’un immense respect pour tout ce qu’il avait appris des acteurs qui l’avaient précédé, en particulier son père, et ce jusque dans les moindres détails. Je me souviens de la passion avec laquelle il m’a expliqué à quel point il était ému quand il interprétait le même rôle qu’un grand acteur avant lui, et dans le même théâtre. Il cherchait à intégrer tous les gestes qu’il avait vus chez les autres dans sa propre interprétation. Il était moins soucieux de faire la synthèse entre le nouveau et l’ancien que de satisfaire le public, qui était sa raison de vivre.
Le jour de ses funérailles officielles, il y avait douze mille personnes. Par sa façon de faire et de vivre, Nakamura Kanzaburô XVIII a attiré vers le kabuki beaucoup de gens ordinaires qui jusque-là ne s’y étaient guère intéressés. On peut se demander combien parmi les personnes présentes à ses obsèques n’avaient jamais assisté à un spectacle de kabuki. Beaucoup étaient là simplement parce qu’ils avaient été touchés par sa façon de vivre et qu’ils l’appréciaient en tant qu’homme.
(D’après un texte original en japonais du 29 décembre 2012)
Photographie du titre : Nakamura Kanzaburô à Osaka le 29 juin 2005, peu avant la cérémonie du shûmei, à l’occasion de laquelle il a changé de nom. L’acteur est en train de saluer ses admirateurs alignés au bord de la rivère Dôtonbori, depuis un bateau participant au défilé traditionnel du « Funa norikomi ». Avec l’aimable autorisation de l’agence Jiji Press.
(*1) ^ Les acteurs de kabuki font tous partie d’une famille dont ils portent le nom. Au bout d’un grand nombre d’années d’apprentissage, certains d’entre eux se voient conférer un nouveau nom (shûmei), ce qui indique qu’ils ont atteint un certain niveau dans la maîtrise de leur art. C’est ce qui s’est passé pour Nakamura Kanzaburô XVIII et Bandô Mitsugorô X.
(*2) ^ L’ère Heisei, qui a débuté le 8 janvier 1989 quand l’empereur actuel du Japon est monté sur le trône, est celle dans laquelle nous nous trouvons encore aujourd’hui