Un spectacle musical dans le dialecte de Tosa

Les participants du programme JET affectés à la préfecture de Kôchi, dans l’île de Shikoku, donnent chaque année une représentation intitulée GENKI seinenkai tosaben musical. Ce spectacle musical inspiré par l’histoire et la culture de la région est interprété dans le dialecte local de Tosa devant un auditoire composé de Japonais(*2). Il a lieu tous les ans depuis 1996, avec l’aide de bénévoles japonais et d’habitants de la région.

Le spectacle musical Ohenro all stars (Les étoiles du pèlerinage de Shikoku) donné par des participants du programme JET de la préfecture de Kôchi, en avril 2016.

Ce spectacle plein d’humour donne aux habitants de Kôchi l’occasion de voir des jeunes d’autres pays danser et chanter dans un dialecte qui fait partie intégrante de la vie locale. Les participants du programme JET en profitent quant à eux pour découvrir les beautés du dialecte de Tosa et de la culture locale. Ils interprètent chaque année une œuvre différente dont ils écrivent eux-mêmes le texte avant de le mettre en scène et de l’interpréter.

En 2005, ce travail sans équivalent dans le reste du Japon a été récompensé par le prix de la Fondation du Japon pour la citoyenneté mondiale. C’est un excellent exemple de collaboration artistique impliquant des participants du programme JET et la population locale. Le séjour des jeunes envoyés au Japon dans le cadre du programme JET ne dure en général pas plus d’un an, mais cela n’a pas empêché le spectacle musical de Kôchi de se dérouler régulièrement tous les ans et de devenir un des événements culturels importants de la région.

Le rôle des participants du programme JET dans les jumelages

Le spectacle musical de Kôchi donne lieu à une collecte de dons destinés à financer les programmes d’études à l’étranger de collégiens, de lycéens et d’étudiants de la région. Les jeunes étrangers recrutés par le programme JET contribuent donc à l’envoi d’enfants de la région dans un autre pays, où ils ont la chance de vivre et d’étudier sur place, et à former une nouvelle génération de Japonais avec un esprit davantage ouvert sur le monde.

Un grand nombre de participants du programme JET ont par ailleurs œuvré en faveur du jumelage de leur ville d’origine avec celle qui les a accueillis au Japon. C’est ainsi que l’un d’eux a joué un rôle-clé dans le jumelage de Miharu – une localité de la préfecture de Fukushima touchée de plein fouet par l’accident nucléaire de 2011 – avec Rice Lake, une petite ville de l’état du Wisconsin, aux États-Unis.

La relation entre deux villes jumelles ne comporte en principe aucune limite dans le temps et elle peut prendre toutes sortes de formes depuis les voyages organisés et les échanges scolaires jusqu’à la coopération économique. Quand les participants du programme JET sont impliqués dans un jumelage, ils œuvrent en faveur des deux localités. Grâce à eux, un grand nombre de personnes peuvent connaître en profondeur la culture de deux pays, nouer des liens d’amitié durables et participer à des échanges fructueux.

Des participants du programme JET installés au Japon

Une fois leur mission terminée, une partie des participants du programme JET restent au Japon, alors que ce n’était pas forcément leur intention première. À l’issue du séjour qui leur a permis de connaître l’Archipel de plus près, ils décident de chercher un nouveau travail sur place. Si certains rentrent dans leur pays pour y continuer leur carrière, d’autres contribuent à redynamiser le Japon où le déclin démographique pose un sérieux problème et ils vont parfois même jusqu’à demander la nationalité japonaise.

Le programme JET est indéniablement une réussite en matière de promotion des échanges internationaux. Il a même dépassé les espoirs que l’on fondait sur lui au moment de sa création, il y a 30 ans. C’est l’un des exemples les plus remarquables du formidable « pouvoir de convaincre » (soft power) du Japon et tout pense à croire qu’il ira encore plus loin, dans l’avenir.

(D’après un article en japonais du 2 novembre 2016. Photo de titre : un participant du programme JET et deux professeurs japonais en train d’enseigner l’anglais aux enfants d’une école primaire de la préfecture de Kôchi.)

(*1) ^ « Navires noirs » (kurofune) : nom donné par les Japonais aux navires américains « à coque noire » qui sont apparus pour la première fois sur les côtes de l’Archipel en 1853, peu avant la fin de l’époque d’Edo (1603-1868).

(*2) ^ Tosa est le nom d’une ancienne province du Japon qui correspond à l’actuelle préfecture de Kôchi.