À la recherche d’une solution

M. Sunaga a l’expérience de la phobie scolaire : pendant deux ans et demi, à partir de la quatrième année de l’école élémentaire, pendant laquelle il a été victime de harcèlement, il n’est pas sorti de chez lui, car s’éloigner du domicile familial, ne serait-ce que d’un pas, lui était insupportable. Par la suite, il n’est pas retourné dans le système scolaire général mais a fréquenté une école libre organisée par une ONG. Elle lui a permis de retrouver un contact avec la société, et il s’est lancé à corps perdu dans la lutte contre le harcèlement scolaire. Avec l’adoption de la loi pour promouvoir la lutte contre ce phénomène, il a pu faire entendre aux membres du Parlement la voix de ceux qui se battent contre ce fléau, et celle de ceux qui en ont été victimes.

Pour lui, le fait qu’il n’y ait quasiment aucune autre alternative à l’éducation de l’école classique contribue à mettre les enfants sous pression. Les écoles enseignent des programmes standardisés, et à travers leur règlement intérieur, cherchent à uniformiser jusqu’aux comportements. En réalité, se soumettre à un tel système n’est pas nécessaire pour suivre le programme scolaire. Chacun a le droit à un avenir, même s’il prend une autre route, estime M. Sunaga. L’essentiel n’est pas de décider s’il faut obéir au règlement ou le supprimer, mais proposer des mesures d’améliorations fondées sur de nouveaux points de vue.

Dans le cadre du projet, le groupe de travail a l’intention de rassembler le plus d’exemples de règlements scolaires possible en faisant appel à la loi d’accès aux documents administratifs, et d’auditionner des enseignants à ce sujet.

« Jusqu’à présent, il n’existait quasiment aucun système pour évaluer les effets des règlements intérieurs. À quoi visent les stipulations sur la longueur des cheveux et la coiffure des élèves ? Ont-elles l’effet escompté sur les performances scolaires ? Si ce n’est pas le cas, n’est-il pas temps de revoir ces règles, et de limiter ainsi le fardeau qu’elles font aussi peser sur les enseignants ? La question n’est pas de demander l’abolition des règlements scolaires, mais peut-être d’ouvrir une nouvelle voie en faisant des propositions basées sur les témoignages recueillis. »

(Article écrit à l’origine en japonais, basé sur une interview du 2 juin 2018. Texte et reportage du Takagi Kyôko de Nippon.com. Photo de bannière : Kazpon / PIXTA)