Les locations saisonnières non déclarées vont-elles disparaître ?

Les services de gestion des locations saisonnières qui se chargent d’effectuer, à la demande des loueurs, les démarches nécessaires, doivent s’enregistrer administrativement, et renouveler cette enregistrement tous les cinq ans. Aussi, les employés de ces entreprises qui sont en contact avec les personnes accueillies et les voisins des hôtes doivent avoir sur eux un document établissant leur fonction. Les services de mise en relation doivent aussi être enregistrés, et n’ont pas le droit de mettre en ligne des minpaku n’ayant pas obtenu une autorisation d’exercer, ni de se faire l’intermédiaire pour elles avec les touristes.

Les touristes étrangers demandent souvent ce qu’ils risquent s’ils sont hébergés chez un loueur non déclaré. La nouvelle législation ne prévoit pas d’amende pour les personnes dans ce cas. Néanmoins, une location saisonnière conforme à la loi étant aussi conforme aux normes de sécurité exigées, les touristes auront sans aucun doute l’esprit plus apaisé que dans un logement illégal.

Avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, Airbnb a pris des mesures pour éliminer de son site les minpaku non homologuées. En guise de résultat, le nombre de logements disponibles a diminué de 80 %... Certaines réservations qui avaient été faites plus tôt, auprès de locations saisonnières non déclarées, ont été annulées, ce qui a engendré de la confusion tant du côté des loueurs que des touristes étrangers.

Comme la loi sur les minpaku vient à peine d’être mise en vigueur, il serait hardi d’affirmer que tous les sites de mises en relation où l’on trouve des locations saisonnières au Japon ont déjà retiré toutes celles qui posent problème. Mais le mouvement semble toutefois aller dans ce sens.

Les avantages du nouveau système

Selon un communiqué de l’Agence nationale du tourisme, le nombre de touristes étrangers au Japon a été en 2017 de 28,69 millions, une progression de 19,3 % sur l’année précédente (voir notre article lié). Le gouvernement a annoncé l’objectif de 40 millions de visiteurs en 2020, l’année des Jeux olympiques de Tokyo, et il s’efforce donc de développer l’attractivité des lieux touristiques et des hébergements japonais.

Des grandes attentes sont placées dans les minpaku, considérées comme une façon de remédier au problème croissant posé par les logements vacants dus au déclin démographique. Elles devraient aussi créer de l’emploi en région, et constituer des endroits où se réfugier en cas de catastrophes. Celles qui sont situées dans de vieilles maison traditionnelles (les kominka) rencontrent déjà du succès. Elles sont aussi une façon pour les femmes au foyer qui élèvent leurs enfants de générer des revenus supplémentaires, et la venue de touristes étrangers permet à leurs les enfants de parler anglais et d’avoir des contacts avec une autre culture.

Les minpaku ont beaucoup d’avantages, et pour cela, la nouvelle loi doit être appliquée de manière appropriée. En guise de récompense ? Un nombre croissant de touristes qui pourront jouir de leur séjour au Japon.

(Article à l’origine écrit en japonais. Photo de titre : des panneaux pour touristes à la gare de Shin-Imamiya à Osaka. Jiji Press)