L’importance d’une véritable formation pour les travailleurs étrangers
La profession mise donc sur la main-d'œuvre étrangère. Ainsi, les opérateurs de services se multiplient dans toute l'Asie du Sud-Est, à la recherche de personnel pour travailler dans des établissements de soins japonais. Les municipalités proposent également des aides financières. Je suis personnellement pour l'emploi d’aides-soignants étrangers au Japon, mais je pense que cela ne résout pas le problème d’insuffisance des effectifs.
Dans certaines grandes installations, du personnel spécialisé est là pour aider les travailleurs étrangers à la manière d’un formateur qui leur apprend le métier. Mais la majorité des installations manquent cruellement de personnel et ne peuvent se permettre d’embaucher des formateurs à temps plein. Conséquence : les aide-soignants ordinaires se retrouvent souvent contraints d’encadrer leurs collègues non japonais. Cela peut être difficile lorsque ces derniers ne maîtrisent pas bien la langue. Des instructions avec des termes qu’ils ne connaissent pas peuvent être sources de malentendus et entraîner une surcharge de travail pour le personnel japonais.
Recourir à la main-d’œuvre étrangère permet aux établissements de recruter davantage de personnel afin que leurs effectifs respectent les normes en vigueur. Cependant, les établissements disposant d’un nombre suffisant de formateurs sont trop peu nombreux ; les travailleurs ont donc souvent peu d’opportunités leur permettant d’améliorer leurs compétences pour atteindre le niveau nécessaire. Le simple fait de faire venir des travailleurs de l'étranger, alors que le personnel spécialisé pour les former est trop peu nombreux, ne résoudra pas le problème de pénurie main-d’œuvre dans la profession.
Priorité : rendre la profession attrayante
Je me souviens de ce que m’a un jour dit un résident d'un établissement de soins longue durée : « Juste au moment où un travailleur social s'est habitué à sa tâche, il s’en va, et vous devez tout recommencer depuis le début avec une nouvelle personne. Je souhaite vraiment que les aide-soignants restent en poste pendant un certain temps, car, à nous aussi, il nous faut un certain temps pour nous habituer à quelqu’un de nouveau. Faire en sorte que les mêmes personnes s'occupent des résidents pendant longtemps est aussi synonyme de soins de qualité. »
Ces remarques montrent clairement que les nombreuses démissions ont un impact sérieux sur ceux qui en dépendent pour leurs soins.
Comment résoudre le problème de pénurie des professionnels de santé ? La question a été posée à maintes reprises. Je pense que la priorité absolue est de former le bon type de chefs qui dirigeront les établissements. Un grand nombre d’entre eux ont plus de 40 ans et ils ne sont plus à la page. Leur conception de gestion du personnel est dépassée. Dans de nombreux cas, le manque d’attrait de la profession est dû à un traitement inapproprié par les chefs de section ou les personnes chargées d'orienter et de former les jeunes recrues. Ces chefs arrivés à la moitié de leur carrière ont besoin de se renouveler, ce qui leur permettra de mieux traiter leurs équipes. Par ailleurs, le fait de compter parmi ses effectifs des personnes expérimentées que de jeunes recrues peuvent admirer et respecter comme leurs pairs peut avoir un impact positif sur la profession ; elles attireront de nouveaux employés qui auront envie de rester. En compétition avec d’autres secteurs, je pense que la première chose à faire, avec l'aide de leaders compétents, est de rendre la profession plus attrayante.
(Photo de titre : Pixta)