Les réformes olympiques de l’Agenda 2020
Le président du CIO Thomas Bach veut changer les choses pour les JO de Tokyo. Après avoir pris ses fonctions en septembre 2013, Bach a annoncé une politique de réformes l’année suivante, appelée « Agenda olympique 2020 ». Médaillé d’or olympique de fleuret par équipe en 1976, il a ensuite poursuivi une carrière d’avocat. Réaliste et pragmatique, il est aussi connu pour être un excellent coordinateur.
Le nombre « 2020 » comporte deux significations : l’année des JO de Tokyo bien sûr, mais aussi l’objectif de suivre une feuille de route « 20 + 20 », soit 40 propositions de réformes.
L’agenda comporte notamment l’idée d’organiser certaines épreuves en dehors de la ville hôte, et même à l’étranger. Pour les JO de Tokyo, le marathon sera par exemple couru à Sapporo, en raison de l’extrême chaleur attendue dans la capitale nippone. Cependant, au lieu de contenir les énormes dépenses liées à l’organisation des JO, cette initiative a au final augmenté les coûts.
En ce qui concerne le nombre de sports, jusqu’alors limité à 28, le règlement change. Il ne se base plus sur le nombre de sports mais sur le nombre d’épreuves, limitées à 310. Pour donner un exemple, l’athlétisme est un sport qui contient différentes épreuves telles que le marathon féminin ou le 100 mètres masculin.
Le nombre de sports n’est donc plus restreint : chaque ville hôte est autorisée à faire des propositions pour ajouter de nouvelles disciplines. À Tokyo, 18 épreuves dans 5 nouveaux sports rejoignent les olympiades : baseball/softball, karaté, escalade, skateboard et surf. Au total, il y aura 336 épreuves divisées dans 33 disciplines, des chiffres en hausse par rapport aux JO de Rio et ses 28 sports et 306 épreuves. Cette mesure, initialement établie pour éviter que les Jeux ne deviennent encore plus grands, a eu un résultat contraire.
Donner la possibilité aux villes hôtes de proposer des sports revient ni plus ni moins, dans le cas de Tokyo, à se plier aux demandes des chaînes de télévision japonaises. C’est ce qui explique le retour du baseball pour 2020. Mais pour les JO de 2024 à Paris, il est déjà décidé que le baseball/softball et le karaté ne seront pas inclus.
Sortir de l’emprise de la télévision
Afin de créer un événement qui n’atteint pas des proportions démesurées et qui pense d’abord et avant tout aux athlètes, il est nécessaire de revoir les relations entre Jeux olympiques et télévision. C’est un sujet essentiel lorsqu’on voit l’énorme pouvoir d’influence que possède la NBC sur l’organisation des Jeux.
Le CIO a lancé en 2016 « Olympic Channel », une plateforme de vidéo en ligne. C’est une initiative qui figure sur l’agenda 2020 et reflète la volonté du Comité d’amoindrir l’influence des chaînes de télévision. Le Service olympique de radiotélévision a également été créé dans le but de créer et diffuser du contenu à l’international de manière indépendante. Néanmoins, les moyens de financement des Jeux olympiques dépendent encore fortement des droits de retransmission payés par les chaînes de télévision. Est-il vraiment possible de sortir de leur emprise ? Il est encore trop tôt pour le dire.
(Photo de titre : le président du CIO Thomas Bach lors de la cérémonie d’allumage de la flamme olympique de Tokyo)
