Une technologie utilisée par des athlètes médaillées d’or
Basé à Sabae dans la préfecture de Fukui, Hatta Tateami utilise une machine à tricoter très rare dans le monde, le métier Rachel à double fonture, qui permet de produire avec minutie une maille dense dont la réputation est reconnue dans l’industrie textile. Cette étoffe a la particularité d’être composée de trois couches (envers, revers et partie intérieure) qui lui confèrent une respirabilité et un confort excellents.
Hatta Tateami a notamment conçu la maille des chaussures de Takahashi Naoko, la première athlète japonaise à avoir remporté une médaille d’or lors d’un marathon olympique à Sydney en 2000 et Noguchi Mizuki, qui a répété l’exploit quatre ans plus tard aux JO d’Athènes. Outre les chaussures de course d’athlètes de classe mondiale, l’entreprise propose sa technologie dans des domaines variés comme les doublures haute performance pour vêtements de sport ou les sièges de voiture, continuant ainsi d’explorer le potentiel du métier Rachel.
Depuis sa fondation en 1949, Hatta Tateami s’est consacré à développer son savoir-faire de manière discrète. Mais aujourd’hui, dans un contexte de crise sanitaire, elle propose son premier produit directement destiné aux consommateurs.
« Avant l’épidémie, nous avions déjà le projet de mettre en vente un produit pour les clients particuliers, se remémore Sabo Shôko, en charge du développement produit au sein du département commercial. Nous cherchions un moyen alternatif pour notre entreprise de continuer ses activités. C’est alors qu’est venue l’idée de commercialiser des masques que nous avions fabriqués pour nos employés. Leurs retours avaient été très positifs. »
Ces masques sont entièrement faits à Fukui, de la production des fils à la couture des masques. Le tissu, dense et de bonne épaisseur (1,7 mm), laisse un espace entre le masque et la bouche pour faciliter la respiration et permet de parler clairement. Un masque d’été encore plus respirant est en cours d’élaboration et devrait être dévoilé à la fin du mois de juin.
Un atelier établi dans un gymnase d’école
Dans le gymnase d’une école primaire aujourd’hui fermée situé sur la péninsule de Noto (préfecture d’Ishikawa), Marui Orimono a aménagé 20 machines à coudre pour fabriquer ses masques. Bien que la société soit le numéro un du marché de la fibre synthétique au Japon, elle n’a jamais fabriqué de produits destinés directement aux consommateurs, comme Hatta Tateami.
Okajima Aya du comité de planification de l’entreprise explique comment l’idée d’un masque spécialement conçu pour l’été leur est venue : « Comme nous possédons une usine en Chine, nous étions directement au courant de l’ampleur de la propagation du coronavirus. Dès la fin janvier, nous avons estimé qu’il y aurait une demande pour des masques d’été efficaces contre les coups de chaleur. » La vitesse de la mise en œuvre de ce projet a été la clé du succès.
Dans un espace respectant les règles de distanciation sociale, une quarantaine d’employés coupent et repassent les tissus, passent les élastiques dans les masques et emballent les produits finis. Ces masques sont conçus pour rester frais pendant la période estivale.
Le rythme de production initialement prévu était de 5 000 masques par mois. Mais à peine une trentaine de jours après la mise en vente en ligne des masques en avril, l’entreprise avait déjà reçu 20 000 commandes. L’atelier opère à plein régime, week-ends compris. Le chiffre des ventes est déjà cinq fois supérieur aux prévisions originales.
(Photo de titre : fabrication du masque en denim lavable d’Aoki Hifuku. Photo fournie par Aoki Hifuku)


