La priorité accordée aux personnes âgées avant les personnes actives
La médiane des électeurs se situe dans une génération différente de celle des actifs, tant dans les milieux universitaires qu’économiques. La progression du vieillissement démographique fait que l’électorat est en grande partie formé par des retraités. Leurs intérêts ne sont pas les mêmes que ceux de la population active.
Ce sont les personnes âgées qui sont le plus à risque de souffrir du Covid 19, et c’est la génération des jeunes qui a le plus à perdre de restrictions sociétales excessives. Cette différence entre les intérêts des générations existe sans doute dans tous les pays du monde. Mais on constate au Japon une tendance plus forte des politiques publiques à refléter les intentions des personnes âgées.
La fermeture des frontières pendant une longue période est un exemple typique d’une politique favorisant les seniors. La priorité n’a pas été accordée à l’objectif de préserver les activités de la société. Cette situation qui a vu ces mesures destinées à empêcher l’arrivée du Japon du variant Omicron peut être perçue comme indiquant la stagnation de la puissance nationale d’un pays à fort vieillissement démographique.
Il faut des investissements ambitieux pour renforcer les capacités de la gestion des frontières
Les pays européens et les États-Unis ont sans aucun doute entamé leurs efforts pour vivre avec le Covid-19. Ils sont en train de lever les restrictions liées aux mesures de lutte contre la pandémie, au fur et à mesure qu’il devient clair que le variant Omicron est moins dangereux, et que la troisième dose de vaccin se généralise. Mais au Japon, il n’est pas surprenant de constater que ce genre de mesures prises dans les pays européens et aux États-Unis pour coexister avec la pandémie tarde à se mettre en place.
Si l’on se limite toutefois à rechercher des mesures toujours « plus fortes », on épuisera excessivement la société, et cela aboutira au résultat paradoxal de la placer dans une situation défavorable dans la lutte à long terme contre la pandémie. Il faut toujours poursuivre des politiques rationnelles destinées à continuer de prendre des mesures efficaces contre lui tout en préservant les fonctions de la société.
Le Japon ne doit-il pas consacrer plus d’énergie à améliorer son système de gestion des frontières, avant tout en le rendant plus performant, qu’à allonger la durée de prolongation des restrictions d’accès au territoire national ?
Pendant la durée de ces mesures sévères aux frontières de l’Archipel, le nombre maximum quotidien admis sur le territoire national était limité à 3 500. Depuis le 1er mars, il a été relevé à 5 000. Ce niveau ne peut malheureusement pas être qualifié de souhaitable pour assurer le maintien des fonctions de la société à un haut niveau. Il va probablement falloir beaucoup de temps pour permettre à tous les étudiants étrangers d’entrer au Japon.
Ce maximum quotidien est déterminé par les limites matérielles des contrôles dans les aéroports. Le système actuel se maintient pour le moment, malgré l’affaiblissement de ses installations et sa numérisation relative grâce à une externalisation massive. Si on développe au contraire ses capacités, il sera possible d’accueillir bien plus d’étrangers, tout en appliquant de manière satisfaisante les mesures pour empêcher la propagation de nouveau coronavirus. Un investissement politique ambitieux est souhaitable pour réussir cette amélioration radicale.
(Photo de titre : l’aéroport de Haneda le 18 février 2022. AFP/Jiji)