Un homme chaleureux

À Shichigahama, M. Ahtisaari a posé des questions précises au maire, qui — de même que le président du conseil municipal, lui aussi présent — a perdu sa maison dans le tsunami. M. Watanabe a fait un exposé des dommages en s’appuyant sur des cartes des zones inondées et des données chiffrées sur les pertes en vies et en biens. Le tsunami a inondé environ 30 % de la surface de Shichigahama et détruit un millier de maisons. L’enlèvement des décombres était estimé à quelque 11 milliards de yens. Parmi les problèmes à plus long terme, M. Watanabe a mentionné la salinisation d’une bonne partie des terres agricoles — un problème d’autant plus sérieux que la ville manque de rivières susceptibles de rejeter le sel à la mer — et le déclin probable de la population.

Le groupe a ensuite quitté l’Hôtel de ville et le maire a servi de guide à M. Ahtisaari pour une visite de la ville, avec une promenade en voiture dans des quartiers où il ne restait que des fondations en béton pour témoigner que des gens y avaient vécu, suivie par la visite d’un site d’hébergement provisoire et d’un centre de volontaires.

C’est lors de ces deux dernières étapes que M. Ahtisaari a déployé toute sa vitalité. Il a discuté et échangé des sourires avec des enfants et des personnes âgées de Shichigahama qui avaient tout perdu dans la catastrophe. Il a félicité et remercié les volontaires venus de tout le Japon pour aider la population locale à mettre leur ville sur le chemin du rétablissement.

Là, le diplomate, président et lauréat du prix Nobel était véritablement dans son élément : chaleureux, expansif et authentique. L’honnête courtier montrait une fois de plus ses dons pour le contact humain.

(Partiellement basé sur une interview réalisée en anglais le 26 novembre 2011 par Peter Durfee, directeur de la Nippon Communications Foundation.)

Photos : Ôkubo Keizô