Le renoncement
En septembre 2015 cependant, ils se sont trouvés confrontés à une nouvelle difficulté de taille, l’impossibilité de se débarrasser du fumier. Diverses raisons ont fait que l’exploitation à laquelle ils faisaient appel ne pouvait plus continuer. Une exploitation laitière ne peut fonctionner sans se débarrasser du fumier.
Les Sampei qui étaient à bout de force ont alors décidé de jeter l’éponge et de mettre fin à leur exploitation.
« Pendant cinq ans, nous avions vécu au jour le jour », dit Mme Sampei. « Nous savions que ce serait difficile, et au départ, nous avions convenu que nous ferions le maximum pendant trois ans, et que si cela ne marchait pas, nous arrêterions. Nous avons pu continuer plus longtemps, en partie grâce à l’indemnité. Mais nous avons du mal à accepter de devoir prendre notre retraite à l’âge que nous avons. » « Nous en sommes arrivés à la conclusion que si nous ne en sortions que grâce à l’indemnité, il fallait arrêter. Et cela avant le cinquième anniversaire de l’accident », dit son mari.
La décision de vendre leurs bêtes leur a fait sentir le poids des 40 ans qu’ils avaient consacrés à cette activité, disent-ils. Lorsque Mme Sampei confie que c’est à ce moment-là que l’idée que c’était vraiment fini l’a submergée, son mari déclare, la voix pleine de tristesse, qu’il regrette intensément de ne pouvoir continuer la tradition familiale.
Aujourd’hui, ils ont construit une nouvelle maison loin de leur étable et ils ont tous les deux retrouvé du travail. Pour la première fois de sa vie, Sampei Toshinori est salarié : il est responsable de la gestion et de l’entretien des machines d’une exploitation agricole au sein d’une maison de retraite. Mme Sampei aide quelques heures par jour dans une exploitation laitière, notamment pour la traite. Elle dit avec le sourire qu’elle s’est enfin habituée à cette nouvelle vie après avoir passé tant d’années à s’occuper de vaches 365 jours par ans. Puis elle ajoute ce qu’elle pense au fond d’elle-même : « Si tout pouvait redevenir comme avant, nous rendrions sans aucune hésitation tout l’argent que nous avons reçu. »Notes :
Zone de retour difficile : l’accès est interdit par des barrières et autres dans ces zones où le haut niveau de radiation est le plus élevé.
Zone d’habitat limité : secteurs où l’objectif est de recréer un environnement dans lequel les anciens habitants pourront retourner, et où des mesures accélérées d’aide à la restauration et la reconstruction sont mises en place.
Zone de préparation au retour : secteurs où l’objectif est de permettre aux anciens habitants de s’y réinstaller à l’avenir.
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