Partir étudier le patinage de vitesse aux Pays-Bas

Sa décision d’intégrer une université nationale après le lycée constitue le premier tournant de sa jeune carrière.

En réalité, encore en première année de lycée, elle s’était promis de s’inscrire à l’université Shinshû quand elle avait appris que l’entraîneur qui a aidé Shimizu Hiroyasu à remporter la médaille d’or à Nagano grâce à une approche scientifique exerçait là-bas.

L’essentiel est de croire en la voie que l’on a choisie et y donner le meilleur de soi-même. Peu importent les résultats, il en restera toujours quelque chose en soi. C’est devenu sa philosophie : « Ce que vous décidez de faire est toujours la solution, même si vous échouez. »

Après l’obtention de son diplôme universitaire, en avril 2009, Kodaira commence à travailler dans un hôpital de Matsumoto (Nagano), et reçoit une bourse de soutien pour participer aux compétitions. En février 2010, elle participe pour la première fois aux Jeux olympiques de Vancouver sur les épreuves du 1 000 et 1 500 mètres, et remporte une médaille d’argent dans celle de poursuite par équipe.

Médaille d’argent en poursuite par équipe à Vancouver. Kodaira Nao est au centre. Photo du 27 février 2010. (Kyodo)
Médaille d’argent en poursuite par équipe à Vancouver. Kodaira Nao est au centre. Photo du 27 février 2010. (Kyodo)

Le second tournant se présente après les Jeux olympiques de Sotchi en 2014. Déçue de ne pas remporter de médaille en 500 mètres, épreuve où elle avait réussi pour la première fois à se qualifier, elle décide de partir seule en Europe pour étudier le patinage aux Pays-Bas, la superpuissance du patinage de vitesse.

Aux Pays-Bas, elle doit faire d’énormes efforts pour maîtriser la langue, car les points les plus fins de la technique de patinage ne peuvent être transmis ou compris en profondeur en anglais. Kodaira a en permanence un petit carnet sur elle pour demander à ses coéquipiers de lui écrire les mots en néerlandais qu’elle s’efforce ensuite de retenir. À son retour au Japon, deux ans plus tard, ses compétences linguistiques avaient atteint un niveau tel qu’elle était capable de donner des interviews télévisés en néerlandais.

À 35 ans, elle revient pour la 4e fois sur le devant de la scène

C’est en janvier 2019, l’année suivant les JO de Pyeongchang, que Kodaira a pris conscience d’un décalage. En tant que médaillée d’or olympique, l’Europe avait les yeux braqués sur elle. En Allemagne, pendant une épreuve des Championnats du monde, la pression s’est faite particulièrement forte.

Elle a forcé pour ne pas laisser voir ses faiblesses, ce qui ne pardonne pas à moyen terme, même si ses résultats n’ont pas beaucoup chuté. En novembre 2020, son corps a fini par lâcher, entraînant une blessure prolongée. Elle a alors pris la décision de se reconstruire entièrement sur la piste d’athlétisme, alors que la pré-saison des Jeux olympiques de Pékin avait déjà commencé, et que la crise du coronavirus bloquait tout déplacement à l’étranger.

Cette décision d’une grande maturité mentale a conduit à son renouveau actuel. Ses défaites au niveau national de la saison passée deviennent des signaux positifs de son évolution. « La plupart des gens sont gênés de montrer leurs faiblesses, mais ceux qui aiment le sport savent voir comment vous les surmontez à la lumière de votre vie personnelle. »

« Personne ne va aller chercher une deuxième médaille d’or sur 500 mètres féminin à Pékin à ma place. Et je veux le faire avec les pieds sur terre. »

(Photo de titre : Kodaira Nao lors des qualifications de patinage de vitesse sur 1 000 m pour les Jeux olympiques. Photo prise à Nagano le 30 décembre 2021. Kyodo)