Le paradis des discussions bien arrosées
À partir de 1970, Shinjuku est devenu un pôle de l’avant-garde de la musique, du cinéma, du théâtre et de l’art. De nouveaux courants en réaction contre les idées en place ont fait leur apparition et créé une ambiance fiévreuse qui a attiré toutes sortes d’intellectuels, écrivains, poètes, dramaturges, acteurs et autres individus en relation avec les médias. Dès lors, les conversations et les discussions jusqu’à l’aube autour d’un verre sur les sujets les plus divers sont allées bon train. Et pour certains, le Golden-gai est toujours l’endroit pour des conversations on ne peut plus cérébrales.
L’écrivain Tanaka Komimasa (1925-2000) était un habitué du Golden-gai. En 1978, il a publié un livre intitulé Shinjuku furafura zoku (La faune enfiévrée de Shinjuku) où il décrit l’endroit en ces termes. « À l’origine, le Golden-gai était un quartier chaud. C’est un endroit à part de Shinjuku, où les employés de bureau ne vont pas boire. » À l’époque, le quartier était fréquenté par des intellectuels amateurs de boissons alcoolisées qui venaient y discuter de littérature et de politique. Et il était considéré comme un lieu douteux et mal famé.
Un lieu fascinant ouvert à tous
Pendant la bulle spéculative des années 1980, le Golden-gai a été menacé par les ambitions effrénées des promoteurs immobiliers. Ceux-ci ont essayé par tous les moyens d’en chasser ses occupants. Mais en vain. Le Golden-gai a réussi à surmonter cette crise, comme les précédentes.
Certains établissements ont été repris par des propriétaires plus jeunes qui ont rénové leurs locaux afin de les rendre plus attrayants. Les nouveaux venus ont réussi à s’harmoniser avec leurs ainés, mais le Golden-gai n’en a pas moins changé. Il attire à présent une clientèle plus diversifiée, tant chez les hommes que chez les femmes. À cela il faut ajouter les touristes étrangers grâce auxquels l’atmosphère du quartier est devenue encore plus dynamique.
Le Shinjuku Golden-gai s’est donc indéniablement transformé. Mais en dépit de toutes les mutations qu’il a connues, il y a un point sur lequel il n’a pas du tout varié : il reste en effet plus que jamais un paradis pour les buveurs. Toute la nuit durant, l’écho de la voix des fêtards ne cesse de résonner dans ses ruelles jusqu’au petit matin…
(D’après un article en japonais. Reportage et texte : Yamashita Kazuki. Photos : Kubo Takahiro. Photo de titre : l’entrée du Shinjuku Golden-gai, à Tokyo)



