Des œufs noirs qui procurent longue vie
La station d’Ôwaku-dani et le point d’observation situé à côté de l’aire de stationnement offrent une vue à couper le souffle sur la vallée. Pour celles et ceux qui aiment marcher, un sentier ainsi qu’un chemin de randonnée qui relie le sommet d’Ôwakusawa jusqu’au mont Kami, leur permettra de voir de près ces fumerolles spectaculaires. (Note : le chemin est actuellement fermé suite aux alertes éruptions de mai 2019)
À une quinzaine de 15 minutes à pied de l’entrée du sentier : Tamago-chaya. C’est l’un des établissements où vous trouverez les œufs noirs (kurotamago), spécialité incontournable de la région, car ils auraient le pouvoir de prolonger la vie de celui qui y goûte. Ils sont obtenus en faisant bouillir des œufs ordinaires dans les eaux thermales environnantes à 80 degrés pendant environ une heure, puis en les faisant cuire à la vapeur pendant 15 minutes supplémentaires à environ 100 degrés. Mais alors à quoi est due cette couleur noire ? En fait, c’est l’eau ferrugineuse utilisée pour la cuisson des œufs qui leur donne leur couleur et leur nom. Le fer contenu dans l’eau se fixe dans la coquille de l’œuf, entraînant une réaction chimique naturelle avec le sulfure d’hydrogène, et formant de l’oxyde de fer. Résultat : une coquille d’un noir ébène profond à l’aspect parfaitement lisse. Encore fraîchement cuits, les œufs sont transportés au pied de la montagne par téléphérique pour être proposés à la vente à la station d’Ôwaku-dani et dans les boutiques de souvenirs situées à proximité, et ce pour le plus grand émerveillement des visiteurs.
Yanase Masayuki, directeur des ventes de Oku-Hakone Kankô, qui gère également la boutique de souvenirs Kurotamago-kan, explique que le jaune des œufs contient 20 % de saveur en plus que des œufs durs ordinaires, une différence qu’apprécieront sans aucun doute les visiteurs. Les œufs sont mis à ébullition dans de l’eau de source thermale, permettant d’une part de réduire considérablement les coûts d’électricité et de carburant, et d’autre part de les faire bouillir plus longtemps qu’à l’ordinaire et de faire ressortir un goût délicieux.
Sauvegarder le tourisme malgré les alertes éruptions et la pandémie
Hakone figure parmi les 50 volcans de l’Archipel surveillés en permanence par l’Agence météorologique japonaise. Des éruptions mineures ont entraîné la fermeture du site d’Ôwaku-dani. Un avertissement de niveau 2, interdisant tout accès à la zone, a été émis en mai 2019, entraînant également la fermeture temporaire du téléphérique de Hakone. L’Agence météorologique japonaise a abaissé cet avertissement au niveau 1 quelques mois plus tard, en novembre 2019. Toutefois, le sentier qui mène vers les fumerolles ainsi que certaines parties du chemin de randonnée restent pour l’heure fermées.
Le tourisme a par ailleurs lourdement pâti de la pandémie de coronavirus, et selon Yanase Masayuki, les visiteurs commencent à peine à revenir. Pour lui, c’est en grande partie grâce à la complète remise en service de la ligne Hakone Tôzan à la fin du mois de juillet dernier. Elle était suspendue depuis octobre 2019 suite au passage du typhon Hagibis. Toutefois, à son grand dam, cela représente à peine la moitié du nombre de visiteurs habituel.
Situé à seulement deux heures de Tokyo, le site d’Ôwaku-dani offre une occasion précieuse d’observer l’activité volcanique de près, explique Yanase Masayuki. Les espaces au grand air permettent aisément de respecter la distanciation sociale. Avec un peu de chance, vous apercevrez même au loin le mont Fuji. « Et bien sûr, si vous avez un petit creux, vous pouvez toujours croquer dans un œuf noir ou deux », ajoute-t-il.
(Reportage, texte et photos de Nippon.com)











