Le 10 février, soit un mois après le 9 janvier, date à laquelle les autorités chinoises ont annoncé la détection d’un nouveau coronavirus, sa propagation sur tout le territoire chinois et au-delà avait provoqué 908 décès et contaminé plus de 40 000 personnes dans le monde entier. Le Japon est au premier plan de cet agent pathogène qui a déjà atteint l’Archipel.

Wuhan épicentre de l’épidémie

Les coronavirus se propagent au sein des populations humaines et animales. Au nombre des épidémies précédentes, figure le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), dont la première apparition se situe en Chine et remonte à 2002, et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), qui est apparu en Arabie Saoudite en 2012 et s’est diffusé jusqu’en Corée du Sud, où il a déclenché une épidémie en 2015. Le SRAS a contaminé 8 000 personnes et en a tué 774 à l’échelle de la planète, chiffres qui passent respectivement à 2 500 et 858 pour le MERS. Sachant que le nombre des victimes du nouveau coronavirus, baptisé Covid-19, qui ont été infectées comme tuées, dépasse ces chiffres, il est clair que la situation devient plus alarmante de jour en jour.

Wuhan, ville tentaculaire de 11 millions d’habitants, est plus peuplée que le centre de Tokyo. On pense que l’épidémie est partie d’un marché de gros de poissons, où des animaux vivants étaient également vendus. Ce marché a été fermé. Pour empêcher la maladie de se diffuser, le gouvernement chinois a imposé un blocus d’une ampleur gigantesque, en interdisant les transports à Wuhan et dans la région avoisinante. Toutefois, près de la moitié des habitants de la ville l’ont quittée aux alentours du 24 janvier, à l’occasion des très populaires congés du Nouvel An chinois. À mesure de leurs déplacements sur le territoire chinois et de leurs voyages au Japon et vers d’autres pays, le nombre des personnes contaminées n’a cessé de croître.

La première contamination de personne à personne au Japon

À mesure que l’économie mondiale subissait le contrecoup de l’épidémie, les marchés boursiers ont chuté un peu partout dans le monde. Quant au Japon, non seulement il doit prendre des mesures immédiates de sécurité pour faire face au virus, mais il est confronté à la nécessité impérieuse de maîtriser le problème avant les Jeux olympiques et paralympiques de cet été à Tokyo. Sachant que la cible annoncée cette année est de 40 millions de visiteurs internationaux, le pays hôte n’a pas d’autre choix que de tout mettre en œuvre pour enrayer l’infection avant le début des Jeux au mois de juillet.

Le 28 janvier, un chauffeur de bus transportant au Japon des touristes en provenance de Wuhan a été diagnostiqué contaminé et, le lendemain, il s’est avéré que le guide qui était à bord du bus était lui aussi atteint d’une pneumonie provoquée par le coronavirus. Le parcours du conducteur ne mentionnant aucune visite en Chine, il s’agissait du premier cas de transmission de ce virus d’une personne à une autre sur le territoire japonais. Du 29 au 31 janvier, les ressortissants japonais se trouvant à Wuhan ont été rapatriés au Japon par des avions affrétés par l’État. L’infection a été diagnostiquée chez un certain nombre de ces voyageurs.

Des ressortissants japonais rapatriés de Wuhan par avion parlent à des représentants de la presse à l’aéroport Haneda le 29 janvier 2020.
Des ressortissants japonais rapatriés de Wuhan par avion parlent à des représentants de la presse à l’aéroport de Haneda, le 29 janvier 2020. (Jiji Press)