Savoir mettre de l’audace dans les traditions du thé : la mystérieuse alchimie des bols Raku
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Raku Kichizaemon XV, Nekowaride, bol Raku noir de style yakinuki. Un des bols à thé préférés du maître potier, cassé par un chat errant entré furtivement dans son atelier. Il a été réparé par son épouse Fujiko avec la technique dite gintsugi (littéralement « jointure à l’argent »), en utilisant un mélange de laque et d’argent. Ce bol magnifiquement restauré fait partie des trésors que la famille Raku garde jalousement et qu’elle ne montre qu’à des hôtes très proches. Les traces laissées par un usage répété à l’intérieur et à l’extérieur des chawan sont très appréciées par les pratiquants de la voie du thé.
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Chôjirô, Mozuya guro (Noir de Mozuya), bol Raku noir, époque Momoyama (1573-1603), collections du Musée d’art Raku. Cette œuvre du fondateur de la famille Raku est considérée comme particulièrement emblématique de l’esthétique dépouillée (wabi-cha) de Sen no Rikyû. Elle apparaît dans la scène du film Rikyû ni tazuneyo (« Demande à Rikyû ») de Tanaka Mitsutoshi (2013) où le grand maître du chanoyu, interprété par l’acteur de Kabuki Ichikawa Ebizô, prépare du thé juste avant de se donner la mort.
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Les bols à thé Raku sont façonnés à la main en suivant une méthode appelée tezukune (littéralement « façonnage à la main ») qui diffère de celles couramment employées qu’il s’agisse de la poterie en colombins ou du tournage. Elle consiste en effet à presser une boule d’argile jusqu’à obtention d’un disque dont on relève ensuite progressivement le bord en lui donnant la forme d’un bol qui s’inscrit parfaitement dans la paume de la main.
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Raku Kichizaemon XV, Yôkoku, bol Raku noir de style yakinuki, 1989, collection privée. Le corps du bol a été tranché à la spatule en plusieurs endroits. Bien que ses méthodes diffèrent des siennes, Raku Kichizaemon se considère comme l’héritier direct de Chôjirô, le fondateur de la lignée de potiers Raku, et de l’esthétique radicale qui anime ses œuvres.
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