[360°] Trois nouveaux sites touristiques insolites à Tokyo

Somese Naoto (photos)[Profil]

[12.01.2017] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |
Pour de nombreux amateurs de la culture pop, Tokyo est considérée comme une véritable terre sainte. La mégalopole aux mille et une facettes attire des touristes du monde entier, dans les domaines les plus variés. Embarquez avec nous pour un voyage panoramique à 360º aux trois endroits insolites au cœur de la capitale nippone.

L’empire de la confiserie kawaii

Takeshita-dôri à Harajuku est un passage obligé pour les touristes du monde entier inconditionnels de la culture kawaii. Cette rue longue de 350 mètres regorge de vendeurs de popcorn et de crêpes, de magasins de vêtements pour adolescents et d’« idol shops » proposant des articles en lien avec des stars de la pop japonaise. C’est le cas du magasin Candy A Gogo, où le kawaii est à l’honneur. On peut y acheter des confiseries de toutes les couleurs du monde entier : des sucettes, des bonbons gélifiés, des chocolats…, tout y est kawaii ! Tout est à 480 yens les 100 g, hors taxe. Les clients peuvent choisir la quantité qu’ils désirent. Le magasin ne propose pas moins de 130 confiseries différentes !

Entrez et découvrez un univers kawaii, aux couleurs vives. Vous aurez l’impression d’avoir mis le pied dans un étrange paradis de bonbons. Les vendeuses vous accueillent vêtues comme des personnages d’anime, avec des perruques roses et des collants aux motifs voyants. Leur tenue varie selon la période de l’année, comme par exemple celles des miko, jeunes femmes employées dans des temples shinto pour le Nouvel An, des costumes de chatons pour Halloween ou encore des tenues de mère Noël pour le mois de décembre.

Les sucettes originales en forme de cœur de Candy A Gogo sont devenues un article incontournable à Harajuku. De nombreux touristes étrangers prennent des purikura, des photos décorées typiquement japonaises, avec ces sucettes à la main. Et pourquoi pas des selfies en compagnie des vendeuses du magasin ? La chanteuse Avril Lavigne y a même tourné son clip !

Presqu’autant de touristes japonais que de visiteurs étrangers font le détour par Candy A Gogo. Et le magasin ne désemplit pas. Depuis son ouverture en 2013, tous les week-ends, de longues queues interminables se déploient devant le magasin. Le Japon compte maintenant seize magasins Candy A Gogo. Le concept sur lequel ils reposent est de considérer les confiseries comme un article de mode, faisant la joie de tous les jeunes passionnés du monde entier de la culture kawaii.

Candy A Gogo Harajuku Takeshita-dôri

Adresse : 1-7-1, Jingumae, Shibuya-ku, Tokyo 150-0001 JAPON
Heures d’ouverture : 10h00–20h00 (tous les jours)
Site officiel (uniquement en japonais) : http://www.candyagogo.com/

Un bâtiment dédié aux otaku

Nakano Broadway est, avec Akihabara, le lieu par excellence pour les otaku. Bien que tous deux situés dans la capitale, Akihabara est devenu un lieu prisé par les amateurs d’anime et de jeux vidéo tandis que Nakano Broadway est considéré comme un véritable repaire de cette sous-culture pour les connaisseurs en quête d’articles rétro et d’antiquités.

Les premiers étages de ce complexe ne comptent pas moins de 150 magasins spécialisés, tels que Taco Che, une librairie proposant des livres d’occasion, très appréciée des amatrices de cette sous-culture. Les magasins Liberty et Anime Shop Commit eux sont respectivement spécialisés dans la vente de figurines et de celluloïds des dessins animés. Le cœur de Nakano Broadway constitue la branche principale du magasin Mandarake.

Mandarake a ouvert en 1980. À l’époque, il ne s’agissait que d’une simple librairie proposant des manga d’occasion. Aujourd’hui, Mandarake ne compte pas moins de 11 magasins dans tout l’Archipel, avec près de 500 employés. La chaîne de magasins est devenue un symbole de la culture otaku nippone, proposant non seulement des manga et des figurines mais aussi des tenues de cosplay, des jeux vidéo, des celluloïds d’anime et bien d’autres articles rétro de cette sous-culture, en faisant un passage obligé pour les otaku. Tous les membres du personnel sont eux-mêmes de grands collectionneurs, les clients peuvent donc leur faire confiance les yeux fermés lorsqu’ils leur recommandent des articles ou leur donnent des conseils.

De nombreux fans font le voyage depuis les quatre coins du globe pour venir dans ce magasin. Les produits achetés combinés avec les achats en ligne à l’étranger représentent 30 % des ventes totales. Les ventes aux enchères qui ont lieu sur le site web de Mandarake permettent également aux clients de trouver des articles rares tels que des scénarios originaux ou encore des celluloïds. Le montant des ventes s’élève à environ 10 milliards de yens par an.

Ce magasin phare de Mandarake à Nakano ne comprend pas moins de 26 boutiques spécialisées destinées aux véritables accros, les purs et les durs, tels que Purasuchikku, spécialisé dans la vente de poupées vintage comme par exemple Licca-chan ou encore Blythe, et Special Annex qui propose toute une gamme de personnages en plastique souple de la série Ultraman et de kaijû (ou monstres en japonais). Cette photo panoramique présente l’une de ces boutiques spécialisées de Mandarake, Hen’ya, qui propose des articles promotionnels et rétro.

Mandarake Nakano

Adresse : 5-52-15, Nakano, Nakano-ku, Tokyo 164-0001 JAPON
Heures d’ouverture : 12h00–20h00 (tous les jours)
Site officiel (uniquement en japonais) : http://mandarake.co.jp/shop/nkn/index.html

Danse de robots à Kabukicho

Kabukicho, dans le quartier de Shinjuku, incarne la face cachée de la capitale. Avec ses 3 000 établissements – bars, izakaya, bars à hôtesses, cabarets, love hotels et autres lieux de plaisir –, Kabukicho est le plus vaste quartier de divertissements de tout le continent asiatique : un véritable « labyrinthe du désir ». Attention aux touristes : certains bars quelque peu douteux sont réputés et connus sous le terme de bottakuri, qui signifie arnaque, et pratiquent de façon illégale des tarifs exorbitants.

Robot Restaurant est particulièrement prisé des touristes étrangers. Une danse de robots est devenue littéralement virale hors des frontières de l’Archipel, à tel point que la proportion de touristes étrangers représente 80 % de toute la clientèle. Bon nombre d’entre eux viennent d’Amérique du Nord et d’Europe. Le concept de ce restaurant est simple : de puissantes et jolies femmes ont pour mission de redonner de la vitalité au monde. Ainsi, une troupe de 20 danseuses accompagnées d’androïdes féminins haut de 3,4 mètres et de nombreux autres robots (dinosaures, animaux…) animent la soirée.

L’ambiance, comparable à celle d’une pièce de théâtre improvisée, volontairement kitsch, met en scène des robots futuristes et des danseuses sexy qui rappellent des personnages de Sailor Moon. Le spectacle dure une heure environ. Un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations résonne dans la salle remplie d’une centaine de spectateurs surexcités agitant des bâtons lumineux distribués à l’entrée.

Depuis son ouverture en 2012, de nombreuses célébrités ont poussé les portes de ce restaurant : Tim Burton, J. J. Abrams pour ne citer qu’eux. Les médias occidentaux ont même qualifié l’endroit de « rencontre entre Blade Runner et Austin Powers ». Initialement, ce spectacle était destiné à des hommes d’affaires mais contre toute attente il est devenu très prisé des touristes étrangers. Il a même été question d’ouvrir un autre établissement à Las Vegas mais les propriétaires du Robot Restaurant ont refusé toutes les offres qui leur ont été faites. Il semblerait qu’ils souhaitent que ce spectacle unique reste à l’intérieur de Kabukicho.

Robot Restaurant

Adresse : 1-7-1 Kabukicho, Shinjuku-ku, Tokyo 160-0021 JAPON
Réservation obligatoire. Arriver au moins 30 minutes à l’avance.
Tarif : 8 000 yens (réductions proposées par de nombreux sites et agences de voyage)
Site officiel (en anglais) : http://www.shinjuku-robot.com

(Adapté d’un texte original en japonais de Kondô Hisashi, Nippon.com. Les photos sont extraites de l’exposition de Somese Naoto « Tokyo Virtual Reality » organisée à la Sony Imaging Gallery Ginza.)

  • [12.01.2017]

Photographe. Né en 1964 au Japon, à Yokohama, dans le département de Kanagawa. Diplômé du département de photographie de la Faculté des Arts de l’Université Nihon. Spécialiste des portraits. A travaillé pour de nombreuses revues et participé à la réalisation de recueils de photos. Passionné par la nouvelle technologie des photos immersives à 360°.

website:http://www.naotosomese.com

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