Vieillissement de la population et rigidité extrême des finances publiques
La dette publique japonaise a d’ores et déjà atteint un niveau de crise, et la continuation de l’accumulation des déficits par l’État, année après année, ne fait qu’aggraver la situation. Au titre du budget de l’exercice 2014, approuvé le 20 mars par la Diète nationale, le gouvernement prévoit d’emprunter 41 250 milliards de yens, un montant équivalant à 43,0 % du total des recettes, estimé à 95 882,3 milliards de yens. Le solde primaire (la différence entre les recettes à l’exclusion des nouveaux emprunts et les dépenses à l’exclusion du service de la dette) sera dans le rouge à hauteur de 22 611, 1 milliards de yens, un trou qui devra être comblé par une augmentation équivalente de la dette publique, augmentation qui va frôler les 5 % du PIB.
La composition des dépenses pose elle aussi un problème. Le service de la dette et les dépenses de sécurité sociale, deux postes pour lesquels le gouvernement n’a guère de marge de manœuvre, comptent respectivement pour 24,3 % et 31,8 % des dépenses, soit 56,1 % du total pour cette année. À la fin des années 1960, quand la dette publique a commencé à augmenter, le ministère des Finances a pris acte du problème de la rigidité budgétaire — l’essor des dépenses non discrétionnaires — et a déclaré qu’il fallait y remédier. Pourtant, lors de l’exercice budgétaire 1968, au plus fort de la campagne du ministère contre la rigidité, le service de la dette et la sécurité sociale n’ont représenté respectivement que 3,5 % et 14,1 % des dépenses, soit une part combinée de 17,5 % (chiffre arrondi). Si l’on compare avec cette époque, le niveau de rigidité des finances publiques du Japon est beaucoup plus extrême.
Le vieillissement rapide de la population japonaise constitue le facteur fondamental sous-jacent au délabrement actuel des finances publiques. Le coût de la sécurité sociale est la cause principale de l’augmentation des dépenses, et le plus gros de ce coût est consacré aux personnes âgées sous forme de pensions de retraite et de soins de longue durée, prestations qui représentent 73,9 % des fonds affectés aux dépenses liées à la sécurité sociale dans le budget de l’exercice 2014.

