Une dépendance excessive des investissements de l’État
Cependant, une grande partie des objectifs fixés par les plans d’ensemble pour le développement de Hokkaidô successifs n’ont pas été atteints, en particulier en ce qui concerne l’accroissement de la population, l’amélioration des structures industrielles, la croissance économique et le drainage de nouveaux investissements dans des usines et des équipements. L’ampleur de ces projets de développement a eu par ailleurs l’inconvénient de rendre l’économie de l’île beaucoup trop dépendante des travaux publics. D’autant plus qu’à partir des années 1990, l’importance de Hokkaidô dans la politique du gouvernement japonais a considérablement diminué, en raison de la fin de la Guerre froide et de la mondialisation de l’économie.
Dès le début de la modernisation du Japon, après la Restauration de Meiji (1868), Hokkaidô a joué un rôle important dans le développement économique du pays, grâce aux relations informelles et complémentaires qu’elle a entretenues avec l’État. Le reste de l’Archipel a profité des abondantes ressources de l’île qui a en retour bénéficié d’un grand nombre de projets de développement. La préfecture et l’État y ont trouvé chacun leur compte. Mais ces relations fructueuses ont commencé à se détériorer à la fin des années 1970. Les priorités du gouvernement se sont en effet trouvées de plus en plus souvent en conflit avec les intérêts des habitants de Hokkaidô.
Les gouverneurs successifs de l’île se sont efforcés de proposer des mesures politiques indépendantes pour résoudre les problèmes qui se posaient. C’est ainsi qu’Hokkaidô a été la première à prendre des initiatives telles que la mise en application d’un arrêté sur l’évaluation des conséquences sur l’environnement, la construction de logements sociaux équipés de centres de soins ou la pratique d’évaluations ponctuelles(*2). Et elle a été désignée comme « région » modèle dans le cadre du système des blocs régionaux (dôshûsei) qui doivent remplacer les 47 préfectures actuelles de l’Archipel(*3). Les gouverneurs de l’île ont fait face, chacun à sa manière, aux problèmes locaux, tantôt en coopérant avec Tokyo, tantôt en résistant aux demandes de l’État et en trouvant eux-mêmes des solutions.
Toutefois, depuis quelque temps, Hokkaidô fait preuve de beaucoup moins d’esprit d’initiative à cause des contraintes fiscales qui ont obligé l’administration de la préfecture à faire des coupes drastiques dans le personnel, les salaires et les nouveaux projets.
