Niseko, un exemple pour l’avenir
Dans ces conditions, comment l’île de Hokkaidô doit-elle réagir face au déclin rapide de sa population ? La première chose à faire, c’est de proposer une politique industrielle qui mette en valeur les points forts de la région dans la période de mondialisation de l’économie que nous connaissons actuellement. Depuis l’an 2000, la crise économique et la triple réforme de décentralisation des finances locales opérée par le gouvernement japonais ont eu un effet dévastateur sur beaucoup de municipalités de l’île, à commencer par la ville de Yûbari qui a déposé son bilan en 2007.
Un grand nombre d’agglomérations de Hokkaidô ont toutefois pris depuis longtemps des initiatives pour former des communautés indépendantes. Et ces tentatives figurent parmi les plus audacieuses recensées dans l’Archipel. Un exemple particulièrement remarquable est celui de Niseko, la première municipalité du Japon à avoir pris un arrêté sur l’autonomie locale fondamentale fondé sur les principes de participation de la population et de partage de l’information.
Depuis, Niseko s’est affirmée comme l’une des municipalités de Hokkaidô les plus ouvertes sur le monde. Elle accueille beaucoup de touristes venus, entre autres, d’Australie, et nombreux sont ceux qui viennent s’y installer pour travailler, qu’ils soient originaires du Japon ou d’autres pays. Le gouvernement japonais a certes mis en œuvre toutes sortes de mesures pour attirer les visiteurs venus de l’étranger dans l’Archipel. Mais la ville de Niseko a aussi pris elle-même les devants en vantant les charmes de ses stations de ski en Australie et dans les pays de l’Asie de l’Est et en encourageant les échanges entre ses habitants et les touristes étrangers. C’est ainsi qu’elle a réussi à devenir une « communauté » originale centrée sur le tourisme, l’agriculture et l’environnement.
La ville de Shimokawa a, quant à elle, entrepris de développer une « communauté » fondée sur l’exploitation durable de ses ressources forestières à partir des années 1980. Et depuis quelque temps, elle utilise la biomasse d’origine forestière en tant que source d’énergie dans le cadre du projet de regroupement et de redynamisation d’Ichinohashi, un des districts de la ville. Une expérience qui a suscité beaucoup d’intérêt.
Depuis un certain nombre d’années, Kushiro reçoit aussi des visiteurs qui viennent y faire de longs séjours pendant l’été. Les habitants de la ville n’apprécient pas particulièrement cette saison qui est souvent fraîche et brumeuse. Mais pour ceux qui vivent dans le centre du Japon où ils doivent supporter la chaleur humide caractéristique de cette partie de l’année, les températures modérées sont une véritable bénédiction. Kushiro a un tel pouvoir de séduction qu’elle accueille non seulement des estivants mais aussi des conférences et des événements sportifs. La politique habile de la municipalité a eu toutes sortes d’effets positifs, en particulier de donner un coup de fouet à l’économie locale, d’encourager de nouveaux styles de vie et de diminuer la consommation d’électricité.
Parallèlement à ces initiatives locales, le gouvernement japonais a apporté son soutien à l’île de Hokkaidô en créant le « Hokkaido Food Complex », une zone spéciale globale pour le développement de la compétitivité internationale de l’île. Dans le cadre de cette expérience, les autorités de la préfecture, la Fédération économique de Hokkaidô et les villes de Sapporo, Ebetsu, Hakodate et Obihiro ont entrepris de faire des recherches pour trouver des solutions qui permettent d’encourager la production alimentaire, de créer des produits locaux à valeur ajoutée et d’améliorer la compétitivité et les débouchés de l’industrie agro-alimentaire locale.
Le meilleur moyen pour combattre le déclin démographique, c’est bien entendu de créer des emplois. Pour ce faire, le secteur public et le secteur privé doivent unir leurs efforts afin de développer et de peaufiner les multiples caractéristiques uniques de l’île, et de lui permettre d’affronter la concurrence.
