La part des 5 % les plus riches en forte progression
Nous allons maintenant nous intéresser de plus près aux tendances des disparités et de la pauvreté au Japon. Il faut pour cela associer plusieurs indices.
Il s’agit tout d’abord de la valeur médiane et de la valeur moyenne des revenus. Selon l’enquête sur les bases de la vie de la nation de 2013 du ministère de la Santé, du travail et des affaires sociales, le revenu moyen des ménages était en 2012 de 5,37 millions de yens, tandis que le revenu médian se situait à 4,32 millions de yens.
Lorsque le revenu moyen est significativement supérieur au revenu médian, cela montre que les revenus des ménages aux revenus élevés le tirent vers le haut. Lorsqu’on s’intéresse à l’évolution des revenus des ménages intermédiaires, on remarque que la valeur médiane a diminué en vingt ans de près de 1,2 millions de yens, passant de 5, 55 millions de yens en 2000, à 4,58 millions de yens en 2005, puis à 4,32 millions de yens en 2012, même s’il faut bien sûr tenir compte du vieillissement démographique et de la baisse du nombre des ménages.
Considérons à présent la répartition des revenus en 2012. 19,4 % des revenus dans la tranche la plus basse se situent entre zéro et deux millions de yens. Le revenu de cette tranche est inférieur à la motié du revenu médiane (2,16 millions), valeur qui correspond aussi à la ligne de démarcation de la pauvreté relative, dont nous reparlerons, cela signifie que presque 20 % des ménages sont en-dessous de celle-ci.
Pour ce qui est des revenus les plus élevés, 4,8 % des ménages disposent d’un revenu supérieur à 13 millions de yens, et 11,3 % de revenus supérieurs à 10 millions de yens. La répartition des revenus des ménages au Japon est approximativement 10 % de ménages à revenus élevés, 70 % à revenus intermédiaires (de 2,01 à 9,99 millions de yens), et 20 % à faibles revenus (moins de 2 millions de yens).
Afin de clarifier la concentration de la tranche à revenus élevés, il faut considérer la part de celle-ci. La banque de données de l’OCDE fournit le pourcentage des revenus totaux (avant impôts) de la tranche de revenus la plus élevée dans chaque pays. Celle des 5 % aux revenus les plus élevés a connu au Japon une croissance rapide depuis le début de la dernière décennie du siècle dernier. Elle est aujourd’hui proche de 25 %, un pourcentage inférieur à l’équivalent aux États-Unis, 35 %, ou au Royaume -Uni, 30 %, mais supérieur à ce qu’il est en France, 21 %, ou en Suède, 17 %.
Taux de pauvreté relative et niveau d’aide sociale
Si la répartition des revenus montre l’étendue des disparités, le taux de pauvreté relative fournit les dimensions de la pauvreté. Le niveau de pauvreté relative est défini comme le pourcentage de personnes ayant « un revenu inférieur à la moitié du revenu médian, ajusté au nombre de ménages ».
Le niveau de revenu minimal établissant le droit à l’aide sociale est une autre indication qui permet de tracer la ligne à partir de laquelle commence la pauvreté. Comme ce niveau varie selon l’âge des personnes qui forment les ménages et l’endroit où ils vivent, une simple comparaison avec le niveau de pauvreté relative ajusté au nombre de personnes est impossible.
Mais on a pu vérifier que les familles au niveau de pauvreté relative coïncident à 86 % avec les familles au niveau de l’aide sociale. Par conséquent, l’évolution du taux de pauvreté relative ressemble à celle du taux de pauvreté inférieur au niveau de l’aide sociale. Le taux de pauvreté total suit une courbe ascendante, particulièrement marquée chez les jeunes ménages. S’il est vrai qu’en général la hausse du taux de pauvreté signifie que le nombre de foyers de personnes âgées à faibles revenus a progressé, on comprend cependant que la démographie n’est pas ici le seul facteur.

