La métropole régionale de Sendai grossit des réfugiés venus des zones rurales
« Le métro a joué un rôle essentiel dans l’émergence de ce quartier comme centre attractif régional. C’est devenu beaucoup plus commode. Certaines personnes venant d’Onagawa et d’Ishinomaki ou d’autres zones sinistrées sont venues emménager ici », explique M. Ôhashi Kimio.
En tant que chef du secteur, il souhaite que tous les résidents vivent paisiblement, et parviennent à dépasser l’expérience douloureuse de la catastrophe.
« De nombreux résidents sont des personnes âgées de plus de 80 ans ou 90 ans. Je leur rends fréquemment visite. C’était également le cas dans les logements d’urgence, mais ici, récemment, nous avons des cas de personnes âgées qui meurent dans la solitude. Quand la vie d’un résident est en danger, il est important de pouvoir réagir très rapidement. C’est pourquoi j’ai fait une demande d’installation d’équipement médical d’urgence, comme un défibrillateur, auprès de la municipalité. »
Revenant sur nos pas vers la station Arai, nous remarquons en bordure du quartier nouvellement développé en face de la station, un restaurant, le « Moroya, cuisine de la ferme ». Il est géré par une famille d’agriculteurs présente sur ce district d’Arai depuis 9 générations, c’est à dire depuis l’époque d’Edo. Ils avaient démarré cette activité de restauration dans la maison familiale en 2000, mais l’ont transférée ici depuis décembre 2015. Leur cuisine de légumes traditionnels de saison, cultivés par eux-mêmes, a beaucoup de succès. Nombre de leurs clients sont des résidents du quartier, ou des visiteurs qui viennent rendre visite aux réfugiés relogés ici.
« Je tire parti de ma position de producteur pour communiquer par ma cuisine la saveur authentique des ingrédients. Le menu se décide dès l’étape de l’ensemencement. Nous cultivons au total 150 sortes de légumes différents pour cuisiner des recettes variées », explique en souriant Mme Kayaba Ichiko, 67 ans.
Leur maison familiale a été épargnée par le séisme, mais la plupart de leurs champs ont été envahis par l’eau de mer du tsunami. Ils ont dû laisser les champs non cultivés pendant un an pour les débarrasser des débris et du sel.
Évidemment, après le tsunami, le restaurant a été obligé de fermer. Néanmoins, quelques mois plus tard, il a réouvert en faisant assaut d’inventivité et de solutions originales, en particulier en louant des surfaces cultivables auprès de connaissances afin de produire les matières premières. Depuis leur déménagement, le restaurant a multiplié sa clientèle journalière par cinq. « Avec le métro, le quartier est en train de changer de façon spectaculaire. Nous espérons qu’il jouera le rôle de base d’échanges entre les locaux de longue date et les nouveaux arrivants. »
Immédiatement après le tremblement de terre, le 22 mars 2011 je suis entré dans les zones sinistrées les plus meurtries en nombre de morts et de disparus dans la préfecture de Miyagi, et j’ai eu devant les yeux les montagnes de gravats. Je me souviens de la cacophonie autour de la gare de Sendai, et que toutes les fonctions métropolitaines de la ville étaient paralysées. La douleur des résidents qui avaient perdu leurs proches ou leurs biens ne s’est pas effacée, et le mécontentement devant la flambée des prix et des terrains, conséquence de l’augmentation de la densité de la population, a résonné. Mais 5 ans se sont écoulés, et dans une ville comme Sendai au moins, on entend le pas de la reconstruction en marche.


