La mer de Chine méridionale, source de tensions

En 2012, l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping n’a pas provoqué de changements fondamentaux dans la politique des États-Unis, du moins au début. Le président Obama a accueilli son homologue chinois en Californie pour une réunion. Contrairement à Hu Jintao, Xi Jinping était loin d’être réticent à l’idée d’un G2. Cette fois pourtant, ce projet n’aurait pas été évoqué par les États-Unis. La Chine a alors proposé un « nouveau modèle de relations entre les grandes puissances », auquel les États-Unis n’ont pas répondu clairement.

On peut néanmoins estimer que le gouvernement américain a continué à respecter la puissance de la Chine, engendrant l’avènement progressif d’une ère dominée par ces deux grands pays. Les discussions stratégiques, entre autres, leur ont permis de créer un solide cadre de coopération aux nombreuses ramifications.

Cependant, en 2015, certains agissements de la Chine, comme la construction de bases militaires en mer de Chine méridionale, ont suscité la défiance des États-Unis. Ces derniers ont alors adopté une politique de totale liberté de circulation dans ces eaux, sans que cela ait d’impact sur la position de la Chine. Toutefois, presque au même moment, les Américains ont déployé un autre bâtiment de guerre au large de Shanghai dans le cadre de manœuvres militaires conjointes, et ont invité la Chine à rejoindre le RIMPAC (les exercices militaires dans le bassin du Pacifique). Les États-Unis ont donc maintenu leur politique d’implication et de limitation des risques.

Une absence de maîtrise de l’action chinoise

Cependant, aux yeux des Chinois, ces stratégies du gouvernement américain ne sont-elles pas une simple alternance de mesures tantôt strictes, tantôt douces, qui ne posent pas réellement problème, puisque des actions de coopération suivraient nécessairement celles de limitation des risques ?

Constatant que la Chine ne comptait pas arrêter sa construction de bases militaires en mer de Chine méridionale, les États-Unis, tout en poursuivant leur politique de libre circulation dans ces eaux, ont dépêché en Chine la conseillère présidentielle Susan Rice afin d’engager des pourparlers, après le vote de la Cour permanente d’arbitrage en juillet 2016. Par ailleurs, lors du G20 de septembre à Hangzhou, le président Obama et son homologue chinois Xi Jinping ont ratifié les accords de Paris au cours de la première journée, mais pendant la deuxième journée, ils se sont vivement affrontés sur la question de la mer de Chine méridionale. Pour autant, cela n’a pas permis de faire reculer la Chine, et le climat entre ces deux puissances reste tendu, comme le montre, entre autres, la capture d’un drone sous-marin américain par la Chine en décembre de la même année.

Au vu de l’état des relations diplomatiques américaines avec les régions voisines de la Chine, par exemple la Corée ou les Philippines, on peut difficilement affirmer que l’administration Obama a mené une gestion satisfaisante des relations avec ses alliés dans le Pacifique ouest.