« Les gens ont peur de se faire discriminer, même les enfants »

Murakami Masanobu

MURAKAMI (FCT) Des cas de discrimination se produisent, même entre les enfants. Lors d’un reportage sur des lycéennes, certaines se disaient qu’elles ne pourraient plus trouver à se marier en dehors du département de Fukushima, et nombreuses étaient celles qui doutaient même de pouvoir fonder une famille. Quelle est la vérité ? Ces jeunes filles ne pourront-elles réellement jamais avoir d’enfant ? Ne trouveront-elles jamais un mari en dehors du département ? Je crois que la mission des médias locaux est de dire la vérité.

HAYAKAWA M. (Minpo) Au tout début de la catastrophe, on a admiré les gens du Tôhoku pour leur courage dans l’adversité. Mais les médias ont tendance à préférer ceux qui parlent fort, qui ont une opinion tranchée sur tout, c’est sûr, c’est plus facile à traiter. Je ne dis pas que c’est faux, mais ce qui est faux, c’est de considérer cela comme la réalité de la totalité du problème. Par exemple, un habitant avait déchargé sa colère en imprécations contre le président de Tepco aussitôt après le séisme. C’est une scène facile à montrer, ça fait une bonne image pour les médias. Mais laisser supposer que cela reflète l’opinion de la totalité de la population, il y a de l’abus.

SETO (Minyu) Par exemple, une personne déplacée volontairement sera présentée par les médias de sa nouvelle région comme « une réfugiée de Fukushima ». À cause de cela, beaucoup de gens pensent que tout le département de Fukushima est une zone inhabitable, que tout le monde porte des combinaisons de protection. Cette tendance est particulièrement sensible dans les médias centraux.

TAKANO (TUF) Les réfugiés volontaires décrivent la situation de Fukushima, et les médias le rapportent en mettant l’emphase sur le danger. Cela crée en retour un sentiment chez les habitants de Fukushima que tout est inutile, qu’il ne sert à rien d’expliquer, il me semble. Sur une chaîne de télévision nationale, la séquence d’un réfugié volontaire déclarant : « On ne peut plus retourner à Fukushima, on ne peut plus y habiter » a été passé en boucle en prime time. De nombreux habitants de Fukushima se sont plaints qu’ils avaient été frappés d’un sentiment de vanité terrible en voyant cette image. À insister comme cela sur le danger sans aucun fondement, on blesse les gens de Fukushima.

À suivre à la 2ème partie