Manipuler le Nebuta comme un être doué de vie

Kushibiki Junji, « Porteur de l’éventail »

En 2011, l’équipe Sunroad Aomori a remporté le Grand Prix du Nebuta. Or la beauté du char n’est pas le seul critère considéré pour l’attribution du prix. Celui-ci va au meilleur groupe, y compris pour la conduite du char, l’harmonie des danseurs « haneto », l’orchestre traditionnel « hayashi », etc. Tout compte, et un magnifique Nebuta à qui manquerait l’harmonie du mouvement d’ensemble ne pourrait être élu.

Sunroad Aomori, un centre commercial regroupant des marchands locaux, participe au festival depuis plus de 30 ans. Si le Nebuta sponsorisé par Sunroad Aomori se classe chaque année parmi les tous premiers, c’est grâce à la cohésion locale qu’anime son principal représentant, M. Chiba Sakuryû. Le directeur du centre, M. Kushibiki Junji, s’occupe pour sa part de fédérer les actions de toutes les personnes partie prenante, la Maître Nebuta, l’orchestre, etc., tout au long de la période de préparation du festival, en tant que responsable de l’équipe de réalisation.

C’est également lui qui, le jour J, dirige les mouvements du Nebuta en tant que « porteur de l’évantail ». Comme dit M. Kushibiki : « Pour qui aime vraiment le Nebuta, la chose qu’il voudra absolument faire au bout du compte, c’est porter l’éventail. J’ai tout fait sur les Nebuta, j’ai aidé à les fabriquer, j’ai été joueur de tambour, j’ai été haneto, j’ai été « rameur de char », et maintenant, je porte l’éventail. Je fais des mouvements avec l’éventail, et le Nebuta bouge selon mon désir, et il n’y a pas de plaisir plus exquis que de plaire au public ! »

« Aterui et Kiyohira, gloire de Hiraizumi » de Chiba Sakuryû (photo : Suroad Aomori)

Le plus important est de faire se mouvoir le Nebuta en considérant qu’il s’agit d’un être vivant. « Le grand jour, ce qui compte, c’est de déployer une harmonie parfaite entre les indications et les mouvements des tireur de char, c’est l’unité de tout le monde qui fait la beauté. »

Dans l’équipe Sunroad Aomori, les « rameurs » sont des lycéens. « Car il faut une sacrée force pour être rameur. Les trentenaires ont déjà du mal. Question force physique, on pourrait demander aux étudiants, mais pendant le festival, ils préfèrent boire. Alors on compte sur les lycéens, qui n’ont pas encore cédé à la tentation du saké. Et puis, avoir fait l’expérience du Nebuta pendant sa jeunesse, c’est posséder un lien fort avec son pays natal pour la vie, on reviendra toujours à Aomori pour le festival. »