Le ginkgo de Hôryô (Aomori)

Espèce : ginkgo (ginkgo biloba)
Localisation : 16-2, Aza Ichônoki, Hôryô, Towada-shi, Aomori-ken 034-0303
Circonférence : 13,48 m, hauteur : 31 m (mesurée par l’auteur), âge : 1 100 ans
Patrimoine naturel du Japon
Taille ★★★★★
Vigueur  ★★★
Forme  ★★★
Branchage ★★★
Majesté  ★★★★

Selon la tradition, le temple Zenshôji aurait été fondé ici à la période de Heian, et ce ginkgo aurait été planté pour marqué l’événement. Aujourd’hui, le ginkgo géant se dresse au milieu des forêts et des champs, et il ne reste plus aucun vestige d’un temple. C’est vraisemblablement sur la foi de ce récit que l’âge du ginkgo a été estimé.

En 1926, le ministère de l’Intérieur a listé cinq ginkgos à travers le pays et les a désignés pour la première fois « Patrimoine naturel national ». Le ginkgo de Horyô faisait partie des cinq. Ce qui a valu à son nom de résonner dans l’ensemble du pays. Le fait de se dresser au bord de la route aussi, peut-être.

Le ginkgo de Horyô est placé en 4e position des ginkgos géants japonais pour la grosseur du tronc. En 1990 il a également été classé dans les 100 arbres les plus remarquables du Nouveau classement des plus beaux arbres du Japon. Il ne fait aucun doute en tout cas que c’est l’un des ginkgos emblématiques de la préfecture d’Aomori.

À une hauteur d’environ 7 mètres du sol, il se divise en 6 branches principales. Ses racines aériennes typiques des vieux ginkgos mâles pendent et s’enfoncent dans le sol. Cela ne l’empêche pas d’être vénéré comme « ginkgo donneur de lait » par les femmes qui allaitent, pour demander un lait riche.

Bien que j’en ignore la raison, on peut remarquer que les ginkgos géants ont tendance à prendre leurs feuilles jaunes plus tard que les autres. Le ginkgo de Horyô ne fait pas exception, et ne devient jaune qu’à la mi-novembre, ce qui est très tardif pour la région du Tôhoku. C’est pourquoi, presque chaque année, la moitié de ses feuilles, celles du côté nord, tombent avant même de jaunir. Les premières neiges tombent alors qu’il est encore vert, et parfois, l’hiver vient et se retrouve sans feuille avant qu’elles aient eu l’occasion de jaunir. Les amateurs de photos automnales s’en désolent : « c’est le ginkgo le plus capricieux du Japon ». Mais quand il veut bien jaunir, alors le contraste de l’or sur le vert profond de la forêt de cèdres est à couper le souffle. Voir le paysage de cet arbre en pleine couleur est une expérience inoubliable.

Le typhon n°10 qui a dévasté la région du Tôhoku le 30 août 2016 a brisé plusieurs de ses grosses branches, ainsi que sa branche centrale, la plus haute. Son apparence générale avait grandement perdu de sa superbe et on a parlé un certain temps de le retirer de la liste des patrimoines naturels nationaux. Heureusement, un arboriste a pu vérifier que le corps principal de l’arbre était intact, ce qui a fait taire les rumeurs de perte de son statut. Tout le monde est soulagé. Il lui a néanmoins fallu subir une opération chirurgicale en novembre. Tous nos vœux de prompt rétablissement et nous espérons tous le revoir bientôt dans sa magnificence originelle.

(D’après un article en japonais du 19 novembre 2016. Texte et photos : Takahashi Hiroshi)