Le prochain film du studio Ghibli a été produit en France
La Tortue rouge, du réalisateur néerlandais Michael Dudok de Wit, sort en septembre 2016. Réalisateur de films d’animation actif essentiellement au Royaume-Uni jusqu’à présent, il a remporté un Oscar pour un court métrage intitulé Père et fille en 2000.
Suzuki Toshio, avait été fasciné par ce film et lui avait proposé de faire un film de long-métrage il y a 10 ans.
« Il m’a répondu qu’il n’avait jusqu’alors fait que des courts métrages de 8 à 10 minutes, mais qu’il souhaitait en faire un long s’il pouvait bénéficier de la collaboration du studio Ghibli. J’ai alors demandé à Takahata s’il était d’accord pour collaborer avec lui, et il n’a eu aucune hésitation à accepter et c’est comme ça que ça s’est fait. »
Au départ, pour l’élaboration du scénario, nous avons travaillé entre le Royaume-Uni et le Japon. Mais de cette façon, le travail n’avançait pas. Alors j’ai proposé à Michael de venir au Japon. C’est ainsi qu’il y a environ huit ans, il est venu pendant un mois au Japon en louant un appartement, et il venait au studio Ghibli travailler sous les conseils de Takahata, ce qui a permis de finaliser les grandes lignes du scénario, le storyboard, etc.
À ce stade, le budget de production était encore en cours de montage. À partir du moment où il a été décidé de travailler avec la société française Wild Bunch pour la production et la distribution, la partie concrète du travail d’animation s’est déroulée principalement en France.
La production de films multinationaux devient passionnante
« La Tortue Rouge est un film réalisé par un réalisateur néerlandais et un staff de différents pays européens. Dans l’avenir, nous serons amenés à produire des films non seulement avec des Européens, mais aussi bien avec des Américains, des Asiatiques, des Africains. Cette époque est déjà en marche.
6 ou 7% de l’animation japonaise est d’ores et déjà produite en Asie du sud-est. C’est également le cas pour l’animation américaine.
« Je me demande si le moment n’est pas venu pour les réalisateurs et les producteurs japonais d’aller directement travailler sur place (en Asie du sud-est)… À mon avis, si on veut travailler comme il faut, il faut commencer à apprendre les langues asiatiques, le chinois, le thaï, etc. La touche des films va évoluer, mais je pense que c’est justement ça qui va être intéressant. Je suis très curieux de voir ce qui va en sortir. Pour moi, l’époque sans frontière qui est en train de se dessiner sera passionnante.
Le monde de l’animation connaît actuellement des évolutions majeures : de l’animation manuelle à l’animation digitale, les productions sans frontières… Pour la promotion aussi, on est passé de la publicité dans les journaux, les télévisions, la presse écrite ou les coopérations avec des marques à des stratégies digitales elles aussi, qui passent essentiellement par le net et les réseaux sociaux.
« Non seulement les processus techniques de l’animation sont numériques, mais la diffusion aussi. Ce n’est plus pour moi. Dorénavant, je compte sur la nouvelle génération pour prendre ma place ! », éclate de rire Suzuki Toshio.
(D’après un entretien réalisé le 13 juin 2016. Texte : Itakura Kimie, Nippon.com. Photos : Ôkôchi Tadashi.)▼A lire aussi
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